Lagardère, qui possède « Europe 1 », le « JDD », « Paris Match » et les éditions Hachette, devient un groupe que n’importe qui peut désormais racheter…
Lagardère, qui possède « Europe 1 », le « JDD », « Paris Match » et les éditions Hachette, devient un groupe que n’importe qui peut désormais racheter…
 Lagardère, qui possède « Europe 1 », le « JDD », « Paris Match » et les éditions Hachette, devient un groupe que n’importe qui peut désormais racheter… ©AFP - MEHDI FEDOUACH
Lagardère, qui possède « Europe 1 », le « JDD », « Paris Match » et les éditions Hachette, devient un groupe que n’importe qui peut désormais racheter… ©AFP - MEHDI FEDOUACH
Lagardère, qui possède « Europe 1 », le « JDD », « Paris Match » et les éditions Hachette, devient un groupe que n’importe qui peut désormais racheter… ©AFP - MEHDI FEDOUACH
Publicité
Résumé

Ca y est, Lagardère, qui possède « Europe 1 », le « JDD », « Paris Match » et les éditions Hachette, devient un groupe que n’importe qui peut désormais racheter…

En savoir plus

Ce n’était pas le cas auparavant. Son contrôle était verrouillé par un statut juridique rare qui empêchait tout actionnaire de prendre le pouvoir. Jean-Luc Lagardère, père de l’actuel patron, avait ainsi protégé son empire, après la faillite d’une chaîne de télé qui lui coûta bonbon, La Cinq. 

Depuis hier, c’est acté. Arnaud Lagardère, le fils, devient un pdg comme les autres, rendant des comptes à un conseil d’administration où sont représentés ses principaux actionnaires. 

Publicité

L’héritier a fini par céder parce qu’il est très endetté

Il reçoit en échange une somme colossale en actions du groupe, et il promet – c’est son axe de communication – que le groupe ne sera « pas démantelé ». Promis, juré. Non, Hachette et Europe 1 ne seront pas vendues à Vincent Bolloré. Non, le « Journal du dimanche » et « Paris Match » ne seront pas vendus à Bernard Arnault, géant du luxe LVMH. Ces deux acquéreurs potentiels sont d’actuels actionnaires du groupe Lagardère, mais ils resteront bien à leur place. On vous l’a dit, juré, promis. 

Le problème, c’est qu’en changeant de ce statut, le groupe Lagardère peut être racheté par n’importe qui. Il suffit de faire une offre sur ses actions. C’est Vincent Bolloré qui en détient le plus, 28%, et lui, il ne reste jamais à sa place. Par ailleurs, avec seulement 28%, Bolloré s’avère déjà très influent. Au sein du groupe Lagardère, le patron d’Hachette Livre a fait savoir que ce serait une folie de vendre cette belle branche édition à Bolloré. Le lendemain, il était limogé.

Je récapitule. Arnaud Lagardère promet à ses troupes qu’elles sont sorties d’affaires

En réalité, leur premier actionnaire se mêle déjà des leurs et les actifs du groupe peuvent changer de mains à tout moment. Il faut obtenir l’aval du conseil d’administration. Or, les mousquetaires du capitalisme qui y siègent s’allient et s’entre-déchirent au gré de leurs intérêts. J’ai ce matin une pensée amicale pour les journalistes du « JDD », de « Paris Match » et, particulièrement, d’Europe 1 où s’ouvre un énième plan de départs. Cela fait des mois qu’ils sont ballotés de rumeurs en rumeurs, à la merci de manœuvres financières et évidemment politiques. Dans nos métiers, l’incertitude est un chemin de croix. Salut confraternel. 

Références

L'équipe

Sonia Devillers
Sonia Devillers
Sonia Devillers
Production
Sonia Devillers
Sonia Devillers