Naomi Osaka le 30 mai 2021 à Roland Garros  ©AFP - ROB PRANGE / Spain DPPI
Naomi Osaka le 30 mai 2021 à Roland Garros ©AFP - ROB PRANGE / Spain DPPI
Naomi Osaka le 30 mai 2021 à Roland Garros ©AFP - ROB PRANGE / Spain DPPI
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Résumé

La joueuse Naomi Osaka, qualifiée hier à Roland Garros, a mis sa menace à exécution. Elle ne se présente pas en conférence de presse d’après-match.

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Les questions à répétition, le doute immiscé par les journalistes qui remuent le micro dans la plaie de vos faiblesses, la fragilité mentale du sportif qui joue sa carrière en quelques jours mais dont la presse se contrefiche… 

Tout cela, la numéro 2 mondiale le dénonce sur Twitter et Instagram et s’en dispense, nonobstant 15 000 dollars d’amende infligés à chacune de ses absences, la menace d’exclusion prononcée hier par le tournois et les réactions ulcérées de ses paires.

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Même si d’aucuns admettent le côté usant de ces rituels médiatiques et leur peu d’utilité après des matchs sans enjeux, Noami Osaka passe pour une enfant gâtée et se fait largement conspuer. Bref, décision contreproductive. 

Elle qui voulait s’épargner, la voici soumise à une pression médiatique hors-norme pour un début de compétition.

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L’enjeu dépasse de loin la demoiselle et le tournois parisien.

Il pose la question épineuse de l’accès aux joueurs dans tous les sports médiatisés et mondialisés où les enjeux d’image sont devenus des enjeux d’argent. Fut un temps, nos confrères approchaient naturellement les kings du basket américain. Fut un temps, six journalistes spécialisés couvraient le foot français. Dans les rencontres internationales, les six journalistes sont devenus 600. 

À la fin des années 1990, les fédérations, les staffs et les sponsors ont préféré cadenasser les sportifs pour les protéger face à des médias qui se sont démultipliés

Aux journalistes de composer avec cette nouvelle réalité. Mais depuis une dizaine d’années, le rapport de forces s’est déplacé. Le joueur lui-même est doté d’un nouveau pouvoir : les réseaux sociaux, la possibilité de s’adresser directement à son public. Cette désintermédiation touche le sport, autant que la politique autant que le cinéma ou la musique. D’où ces fédérations, ces staffs et ces sponsors dont le casse-tête n’est plus la gestion de la presse, mais plutôt des sportifs qu’ils ne maîtrisent plus. Il y a ceux qui parlent trop et ceux qui ne parlent plus ou alors tout seul de leur côté, comme Naomi Osaka à ses 3 millions d’abonnés. 

C’est la nouvelle donne de la communication, tout le monde doit s’y faire. 

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Toutefois, le piège d’une parole toute-puissante qui se soustrait à la contradiction, la vraie, guette les sportifs comme elle guette certains politiques tentés de cracher sur les médias de peur d’avoir des comptes à leur rendre. Il vaut mieux sacrifier à l’ennui de mille mauvaises questions que d’étouffer la possibilité d’en affronter une bonne.