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Résumé

Le magazine "L’Éléphant" a consacré ce mois-ci un dossier aux jeux vidéo, cette "petite industrie mondiale" dont le psychiatre Serge Tisseron dit qu'il présente des effets favorables durables chez l’adulte. Mais attention, ça dépend des jeux...

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Depuis des lustres, on nous serine le même refrain : y a-t-il une tuerie au Texas, ou un attentat au Guatemala ? C’est la faute, non à Voltaire, mais aux jeux vidéo. À ouïr les contempteurs des dits jeux, on pourrait croire que tous ceux qui pratiquent la console et la manette sont des zombies obèses à l’œil éteint et aux doigts cornés, des épaves frénétiquement agitées de tics. De même que naguère on a accusé le cinéma, puis la télé, de provoquer des meurtres et d’abrutir les masses, de même, on rend volontiers les jeux vidéo responsables de tous les maux de la planète.

Le magazine "L’Éléphant" consacre ce mois-ci un dossier passionnant aux jeux vidéo, cette "petite industrie mondiale". Et selon le psychiatre Serge Tisseron : « certains jeux pratiqués quotidiennement auraient des effets favorables durables chez l’adulte ». Mais attention, ça dépend des jeux ! Quand il s’agit de tuer ou d’abattre des créatures interchangeables, comme dans Call of Duty par exemple on est, dit Tisseron, dans le « stimulus réponse ». Et il ajoute : « Cette façon de jouer s’apparente au yoyo et au flipper pour les jeux solitaires. Pratiquée de façon excessive, elle fatigue l’attention et éloigne l’activité mentale de l’anticipation et de la planification ». On est dans l’immédiat. Tiens, voilà un méchant. Boum, je le tue. Au suivant. Bref, sur le long terme, ça rend idiot. 

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En revanche, explique le psychiatre, "dans les interactions narratives, favorisées par des jeux comme Legend of Zelda, Shadow of the Colossus, Dishonoured, Red Dead Redemption ou encore les Sims, la préoccupation narrative est centrale". Et donc, le joueur réfléchit avant d’agir. Bref, il développe son intelligence tactique. Il planifie, il évalue, il prend du recul. Il parait même que certains scénarios sont exploités en thérapie !

Donc, ne conchions pas tous les jeux vidéo. Ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain. Ne mélangeons pas les torchons et les serviettes. Car si "le jeu" dit Tisseron, "sollicite l’adaptabilité cognitive et la prise de décision, on observe un impact sur les fonctions exécutives, en particulier celles liées au contrôle attentionnel". Bref, pour conclure, il est possible que j’envisage d’essayer peut-être un jour qui sait après tout pourquoi pas, quoique, un jeu vidéo.

Pour achever de vous convaincre, vous pouvez aussi écouter notre chronique "La Faute aux Jeux Vidéo", tous les mardis dans le 5/7

Références