Presse magazine : le casse-tête de la mise en place. Ici un kiosque à journaux dans Toulouse ©AFP - QUENTIN FALCO / HANS LUCAS
Presse magazine : le casse-tête de la mise en place. Ici un kiosque à journaux dans Toulouse ©AFP - QUENTIN FALCO / HANS LUCAS
Presse magazine : le casse-tête de la mise en place. Ici un kiosque à journaux dans Toulouse ©AFP - QUENTIN FALCO / HANS LUCAS
Publicité
Résumé

La presse magazine traverse une période compliquée. Et pas seulement parce que les ventes sont globalement en baisse. Il s’agit aussi de savoir où répartir les exemplaires...

En savoir plus

C’est ce que les professionnels de la presse appellent "la mise en place". Où envoyer des magazines si je m’appelle « le Point », « l’Obs », « Elle » ou « l’Express » ? Et combien d’exemplaires dans chaque point de vente ? 

Si j’en envoie trop peu, je risque la rupture de stock et donc un manque à gagner. Si j’en envoie trop, je me retrouve avec des invendus, qui partiront au pilon (la presse est un produit périssable) et ça me coûtera cher

Publicité

L’ajustement se fait en fonction de l’historique des ventes de chaque marchand de journaux, mais aussi de la une du magazine. Si l’un des titres à la Une évoque Edouard Philippe, par exemple, on « rajoute du papier » au Havre, c'est-à-dire qu’on y envoie plus d’exemplaires. Il faut savoir que sur les 20 000 points de vente de presse en France, beaucoup n’ont qu’un seul exemplaire de certains magazines. Aussi est-il très délicat de décider d’en rajouter. La mise en place n’est pas une science exacte.  

Elle a été complètement chamboulée par la crise sanitaire. Télétravail, confinement, couvre-feu, galeries marchandes fermées : tout cela a modifié les habitudes d’achat. 

Résultat : les titres de presse ne savent plus où trouver leurs lecteurs et lectrices

Les choses reviennent peu à peu à la normale depuis le 19 mai, mais la fermeture des Relay, dans les gares et aéroports, a été un gros coup dur et beaucoup sont encore fermés. Leur réouverture sera progressive jusqu’à la mi-juin. Il faudra, dans les semaines qui viennent, continuer à s’adapter en temps réel. Mettre, par exemple, plus de journaux dans les gares et moins dans les aéroports, si on s’oriente vers un été 2021 très franco-français pour les vacances.  

En raison de toutes ces difficultés, les taux d’invendus sont à la hausse, ces derniers mois. Les invendus qu’on appelle aussi « le bouillon » - délicieux jargon de la presse.  

À cela s’ajoute un contexte qui était déjà morose

Avec la disparition l’année dernière de Presstalis, distributeur historique de la presse en France.  

Pour relancer les ventes au numéro, il est toujours possible d’opter pour une mise en avant de son magazine chez les marchands de journaux, mais ça se paie, tout comme la publicité. C’est le choix qu’a fait le magazine « Challenges », à l’occasion de sa nouvelle formule. Claude Perdriel, propriétaire du titre, vient d’écrire à tous les diffuseurs de presse pour s’excuser de les « surcharger en papier ». Autrement dit, beaucoup d’exemplaires de « Challenges » seront envoyés dans les points de vente pour accompagner une vaste campagne de pub. 

Voilà pour les aléas de la mise en place. 

Mais il y a aussi des indices encourageants, dans le secteur

« Le Routard Magazine », qui vient de débarquer en kiosque. Ou encore « Entre nous », magazine de décoration de Faustine Bollaert, qui sera mis en vente début juin par le groupe Reworld Media. Leur envie de se lancer peut servir d’indicateur d’optimisme, malgré les turbulences.  

Références

L'équipe

Dorothée Barba
Dorothée Barba
Dorothée Barba
Production
Dorothée Barba
Dorothée Barba