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Résumé

Nous sommes un an avant l’élection. Le poncif c’est d’affirmer qu’un an avant, rien n’est fait… C’est ce que nous enseignent les scrutins depuis 1965. En réalité, ce qui surprend, c’est juste le casting final… pas l’offre idéologique.

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De ce point de vue, au contraire, tout est souvent déjà en place un an avant. 

L’exemple le plus parlant, c’est 2012 parce que, justement, c’est exactement un an avant : le 14 mai 2011, Dominique Strauss-Kahn, vainqueur à coup sûr, finit sa carrière au Sofitel de New York !

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Et bien l’offre qu’il représentait, un centre-gauche-social-libéral, est à peu près celle de François Hollande.

L’équation politique donc était plus importante que l’équation personnelle ! En 2016, Alain Juppé apparaissait imbattable. 

C’est Emmanuel Macron, sur un segment comparable, qui a gagné. Nous nous focalisons sur les destins personnels, les parcours romanesques mais plus déterminants sont les fleuves idéologiques souterrains. 

Et d’une année l’autre, ceux-ci changent peu leur cours ou leur intensité.   

Donc, quel est le fleuve souterrain qui fera 2022 ?  

Sauf dynamique spontanée venue de la gauche ou de l’écologie, ça saute aux yeux, c’est un fleuve de droite ! 

Qui l’incarnera ? C’est secondaire et encore incertain. Emmanuel Macron le voudrait, ou, plus naturellement, un candidat de droite. Encore faut-il que le fleuve trouve son lit dans le système électoral…

Il faut regarder les taux de popularité (et plus encore les taux de rejet). Ils ne reflètent pas forcément la capacité à être élu à cause de la perversité du mode de scrutin mais ils renseignent sur le pedigree idéologique le plus rassembleur du moment. 

Le plus populaire, le moins impopulaire, c’est Edouard Philippe. Mais il n’est pas (pour l’instant) en position de se présenter. 

Nous allons arriver, à n’en pas douter (on y est presque), à un point-casse-tête 

Un moment où Emmanuel Macron ferait jeu égal avec Marine Le Pen au second tour. Celui (pour l’instant Xavier Bertrand) qui assurerait une large victoire (pour l’instant 60/40) serait donc le candidat de droite. Problème, selon les mêmes sondages, aucun candidat de droite ne serait qualifié au premier tour. 

Cette incongruité, si elle devait durer, au fil des mois, minerait la candidature Macron. Aujourd’hui, compte-tenu de l’état de l’opinion, c’est le centre-droit qui détient la meilleure capacité de rassemblement au-delà de sa propre sphère. 

Sans se l’avouer encore, d’ailleurs, une bonne partie des électeurs de gauche (revenus d’Emmanuel Macron et conscients de leur état minoritaire), sont à la recherche du candidat de droite, décent, pour un nouveau vote barrage au second tour. 

La décence de centre-droit est sans doute le compromis, le point d’équilibre d’aujourd’hui.

Emmanuel Macron voudrait l’incarner mais sa fragilité pour le second tour prouve que (pour l’instant du moins) il n’y est pas. La victoire de la gauche serait le résultat d’un carambolage à droite, la victoire du RN, d’un accident civique, fruit d’une abstention massive. Xavier Bertrand peut-il incarner le centre-droit décent victorieux ? Valérie Pécresse, Michel Barnier, Edouard Philippe ? 

Trop tôt pour donner un nom mais pas pour distinguer le courant politique qui, démocratiquement, est le mieux placé aujourd’hui, donc sans doute dans un an.  

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Thomas Legrand
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