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Résumé

Le thème de l’insécurité domine donc le débat politique et le gouvernement n’arrive pas à imposer d’autres thèmes. De n’avoir pas voulu le traiter à la racine, dès le début du quinquennat il se retrouve, comme ses prédécesseurs, à courir, au gré de l’actualité.

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Oui le reflux de la pandémie libère d’autres thèmes, que l’extrême droite, et ses désormais très sonores relais médiatiques (assumés ou non), sont prompts à imposer. 

Les images et des bandeaux qui barrent les écrans des chaines tout-info, allumées en permanence dans les rédactions, les cabinets ministériels, dans de nombreux foyers, infusent la société. 

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L’état de l’économie à la sortie du Covid, la façon d’utiliser l’argent de la relance… on aurait pu penser que ces interrogations sociales occuperaient l’esprit des candidats pour 2022… 

Elles passent à l’as. Dominique Seux est bien le seul à s’y intéresser ! De toute façon, ‘le quoi qu’il en coûte’ est intégré dans tous les discours. 

Il n’est donc plus question de faire des choix, chaque candidat semble tout promettre à tout le monde… Vous allez voir, plus que jamais, ça va raser gratis 

Le débat est donc ailleurs. Là où réseaux sociaux, tout info et démagogues, sont les plus efficaces pour tenir en haleine et générer du clic. Il fut un temps ou la gauche parlait de ‘sentiment d’insécurité’. Une forme de déni dont Lionel Jospin fut la victime emblématique, en 2002, après la détestable campagne où il fut battu par Papy Voise. Depuis, plus personne n’ose parler de ‘sentiment d’insécurité’

Les attentats sont aussi passés par là et la jonction de l’identitaire et du sécuritaire s’est irrémédiablement consolidée. Pourtant, ce que montre le sempiternel et inépuisable ‘comment éviter que ce fait-divers se reproduise’, ne crée-t-il pas, pour le coup, un sentiment d’insécurité, une surestimation de l’insécurité réelle ? 

Dépeindre la France au bord de la guerre civile, comme le fait cette tribune de militaire fantôme, voilà le vrai et nouveau politiquement correct, le vrai terrorisme intellectuel.   

Le gouvernement n’arrive pas à imposer d’autres thèmes 

Non, de n’avoir pas voulu le traiter à la racine, dès le début du quinquennat (et en conformité avec ce qui avait été suggéré en 2017), il se retrouve, comme ses prédécesseurs, à courir, au gré de l’actualité, augmentée, après le sentiment d’insécurité, poursuivi par les collapsologues identitaires, les militaires anonymes, les algorithmes de l’angoisse…

Emmanuel Macron a rejeté le plan Borloo (pourtant modèle du dépassement droite-gauche) qui devait casser la logique de ghetto, il refuse de réfléchir à la légalisation des drogues douces qui aurait pu tarir les trafics. Le voilà donc obligé d’utiliser son ministre de l’Intérieur pour réarmer la mitraillette législative au rythme des faits divers… et son ministre de la Justice pour ferrailler contre Marine Le Pen, tenter l’alliance incertaine, à l’heure des réseaux sociaux dominants, de l’éloquence et de la complexité, afin prouver que non, on ne singe pas l’extrême droite. 

Mais Attention… Napoléon disait quelque chose comme ‘le général qui se fait imposer le lieu de la bataille s’éloigne de la victoire…’   

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Thomas Legrand
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