Le Président s'exprimera à la télé "avant le 5 mai", promet l’Elysée
Le Président s'exprimera à la télé "avant le 5 mai", promet l’Elysée
Le Président s'exprimera à la télé "avant le 5 mai", promet l’Elysée  ©AFP - Julien Mattia / Anadolu Agency
Le Président s'exprimera à la télé "avant le 5 mai", promet l’Elysée ©AFP - Julien Mattia / Anadolu Agency
Le Président s'exprimera à la télé "avant le 5 mai", promet l’Elysée ©AFP - Julien Mattia / Anadolu Agency
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Résumé

Etat d'urgence sanitaire : par ici la sortie ?

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Ah qu’est-ce qu’on aimerait ! Se retrouver à l’état normal, citoyen libre de circuler sans avoir à se dire : "Mince, il est 19 heures, et mon frigo est vide". Sur 13 mois de pandémie, déjà 10 sous état d’urgence. Et combien de tribunes, d’éditos, d’interviews de l’avocat François Sureau (n’est-ce pas Nicolas ?) pour dire le danger de cette accoutumance aux restrictions de libertés, au nom de la sécurité (lutte anti-terroriste hier, lutte anti-Covid aujourd'hui). 

Pour la sortie de l'Etat d'urgence sanitaire, il va falloir s'armer de patience ! 

Comme vous le révélait la semaine dernière Simon Le Baron, il y a bien examen, ce matin en conseil des ministres, d’un texte relatif à la "gestion de la sortie de crise sanitaire"… Mais il aurait tout aussi bien pu s’intituler "prorogation de l’état d’urgence". Ce qui promet un passage difficile au Parlement à partir du 10 mai car ce sera la sixième fois, en un plus d’un an, que le pouvoir exécutif demande au pouvoir législatif de l’autoriser à décider sans lui ! 

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Si le texte reste en l’état - et on sait que la bataille parlementaire sera menée pour raccourcir le délai -, si le texte reste en l’état, la France sera encore sous état d’urgence jusqu’au 31 octobre prochain ! A la discrétion du Premier ministre, les mêmes outils, toujours cette panoplie, si besoin, consistant à réduire les déplacements ou fermer des lieux publics. 

Vous me répondrez que c’est le seul moyen de garder le contrôle de l'épidémie ! Que chaque vague a pu refluer grâce à cet arsenal. Que la menace des variants justifie la possibilité de décider en urgence ! 

Mais quel étrange message envoyé ! Double langage. Si on maintient les élections en juin, c’est qu’on estime qu’on sera revenus à la normale… Alors pourquoi octobre ? 

A l’article 7 du projet de loi, sont détaillées les mesures pour accompagner la reprise d’activité économique. La santé donc, le travail aussi, mais quid de la vie sociale ? Le vide est sidéral et sidérant, se plaint une partie de la majorité, Modem en tête. Déjà en février, des députés En Marche avaient écrit à Jean Castex pour dire leur malaise. Ils n’ont toujours pas été reçus. 

Et pendant ce temps, le Président ouvre des perspectives ? 

Oui, comme la bande annonce sans fin de la bande annonce suivante… Le Président à la télé "avant le 5 mai", promet l’Elysée ! En attendant, se dégage une impression de demies décisions prises au doigt mouillé. Qui tiennent à nouveau plus du pari politique que de la prévision épidémiologique, forcément moins agréable à nos oreilles. Un Président qui décide, la semaine dernière, de mettre fin, à la règle des 10 kilomètres (le 3 mai), mais sans prévenir son propre Premier ministre ! Anecdotique ? Non, symptomatique.

Emmanuel Macron le libérateur, on a déjà lu et vu cette partition. Coups de fil à des maires hier. Lundi, à Melun, c'est dans un bain de foule qu'il sème de nouveaux cailloux sur la route de cette libération. On entend "territorialisation", couvre-feu repoussé, réouvertures en fonction du taux d'incidence, mais quel seuil ? Une nouvelle fois le monde médical dit son scepticisme, une nouvelle fois le Président maintient son cap optimiste. Autant de lits occupés en réa, et autant de contaminations si tard dans la saison, ce n’était pas le plan prévu. 

En 2022, En Marche et ses alliés voudront incarner le camp du progressisme. Encore faut-il réussir l’étape du "progressif"… Cette interminable bande-annonce politique du lent retour à une vie presque normale...