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Résumé

LREM n’a gagné aucune mairie d’importance, n’aura certainement aucune région, parce que, pendant ces quatre ans, les macronistes n’ont pas réussi à élaborer une offre politique, un but de société qui dépasserait le simple soutien à l’action du président.

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Régionales : retour sur le retrait de la liste LREM au profit du LR Renaud Muselier en PACA. c’est une fusion (ou plutôt un effacement) qui trahit la réalité politique du parti présidentiel : il n’existe tout simplement pas, localement et à peine nationalement. LREM n’a gagné aucune mairie d’importance, n’aura certainement aucune région, parce que, pendant ces quatre ans, les macronistes n’ont pas réussi à élaborer une offre politique, un but de société qui dépasserait le simple soutien à l’action du président. 

Action que les membres de LREM ne sont pas invités à élaborer et même qu’ils découvrent –au jour le jour- en même temps que les Français.

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Qu’est-ce que le macronisme municipal, départemental ou régional ? 

Personne ne peut le dire puisque l’offre politique Macron 2017 était une promesse d’efficacité présidentielle, une réponse à l’impuissance des trois derniers présidents à véritablement peser sur le cours des choses, un dégagisme propre, par le dépassement du clivage-gauche droite. Une offre purement et uniquement présidentielle qui n’a pas réussi à se transposer aux élections territoriales. 

La raison est simple : si, avec la globalisation, l’Europe toujours plus intégrée, l’interdépendance des économies, les présidents successifs depuis 20 ans (pourtant dotés de puissantes attributions institutionnelles) ont perdu beaucoup de pouvoir réel, c’est le contraire pour les exécutifs locaux. Les citoyens voient l’effet de l’action de leurs maires. Ils en sont contents (ou pas) mais ils ne disent pas que leurs maires sont impuissants. Dès lors, le PS et LR résistent localement et disparaissent nationalement et les Français n’ont visiblement pas besoin de LREM localement. 

Cet échec programmé aux Régionales peut-il avoir des effets sur la présidentielle ? 

Pas sûr du tout. Le fiasco municipal n’a rien changé à la popularité (ou l’impopularité) d’Emmanuel Macron. Tout se passe comme s’il y avait désormais deux vies politiques parallèles, presqu’indépendantes en France. La France des territoires, gérée par le PS, LR et les écologistes (des mouvements sans leaders nationaux évidents), et la vie politique nationale où dominent Emmanuel Macron, Marine Le Pen, dans une moindre mesure Jean-Luc Mélenchon (ces trois personnalités beaucoup plus que leurs partis respectifs). Le coronavirus, aura redonné, par rapport à ses prédécesseurs, un poids présidentiel sur nos vies, et même sur les détails de nos vies quotidiennes (en bien ou en mal, on le jugera à la fin).

L’épisode de l’effacement des marcheurs en Paca nous renseigne au moins sur un point : le macronisme est plus à l’aise comme centre-droit. Et le pari, c’est que le centre-droit est sans doute le barycentre de la France politique d’aujourd’hui. La question pour Emmanuel Macron est maintenant de savoir si son offre politique (toujours aussi solitaire qu’en 2017) constitue encore une réponse à 'l’impuissentement' présidentiel. Pour cela il lui faut trouver un récit crédible pour l’avenir. Un but pour En Marche

Un mouvement politique, dont le nom est un moyen de locomotion mais n’indique pas de projet de société identifiable, peut-il survivre au-delà d’un mandat présidentiel ?  

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Thomas Legrand
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