Faut-il se lancer dans une réforme des retraites en septembre ?  ©Getty - Peter Dazeley
Faut-il se lancer dans une réforme des retraites en septembre ? ©Getty - Peter Dazeley
Faut-il se lancer dans une réforme des retraites en septembre ? ©Getty - Peter Dazeley
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Résumé

Emmanuel Macron réfléchit à une réforme pour la rentrée. Il s’agirait de reculer l’âge légal du départ à la retraite.

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On nous dit que le président prendra sa décision à l’issue de son tour de France. Emmanuel Macron a-t-il reçu un mandat des électeurs pour une telle réforme ? Dans sa campagne de 2016, il s’agissait d’instaurer un système (plutôt CFDT) par points. La contestation sociale, un Premier ministre issu d’un parti qui a d’autres idées sur la question et, enfin, le Covid sont passés par là : 

La promesse n’a pas été tenue

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Faut-il, dès lors, se lancer dans une réforme d’une autre nature (paramétrique et non plus systémique) ? Dans une configuration politique classique, on se tournerait vers le parti majoritaire pour savoir où en est sa réflexion !  

Ça ne servirait à rien parce qu’on sait que LREM (sans autre histoire que celle de son accession au pouvoir) n’en pense rien tant que le président ne s’est pas exprimé ! 

Est-ce raisonnable de programmer une telle réforme à l’automne, avant la présidentielle ? 

Non, assurément ! Tous les syndicats, même patronaux s’en inquiètent. La plupart des figures macroniennes ont du mal à cacher leur perplexité… Les anciens socialistes savent ce que la loi travail en 2016 (juste avant l’élection) a coûté à François Hollande ! 

Mais, en politique, les meilleures décisions sont-elles toujours celles qui paraissent les plus raisonnables (je ne parle pas du fond de la réforme mais bien de l’opportunité de l’engager en septembre !). L’un des mots-clés du macronisme n’était-il pas le pragmatisme ? 

Or, avec le Covid, le déficit du régime des retraites s’est creusé. Moins que prévu mais plus que de raisonnable, estime l’Elysée. Si Emmanuel Macron décidait de réformer à l’automne, l’argument "je fais ce que je crois (quand je le crois) si c’est bon pour la France plus que pour ma réélection", aurait de la tenue, et le panache d’un quitte ou double sanctionné (en positif ou en négatif) par le vote populaire de mai 2022. 

C’est l’élection qui, de toute façon, décidera de l’application ou non du recul de l’âge légal de départ à la retraite

Cette solution comporte un risque social à l’automne mais aurait l’avantage de la clarté

Avouons-le : tout ça ressemble pour l’instant à un théâtre d’ombres pour embarrasser la droite avant les régionales… mais laissons la petite tactique. Au moins avec la mise en chantier, dès l’automne, de réformes (retraites et autres), les mois qui précèderont le scrutin seraient occupés à de nouvelles et utiles problématiques sociales, économiques, environnementales post-Covid. 

Une campagne avec les réformes de fonds en cours, par rapport à l’ambiance politique actuelle, sans débat dans ces domaines donc ballotée au fil de l’actualité forcément sécuritaire, avouez qu’on en rêve, alors que nous pend au nez une campagne dominée par le dernier fait divers sur exploité par les chaines bollorisées et les délires complotistes des extrêmes ! Il faut du grain économique, social, environnemental, même régalien et institutionnel, à moudre ! Vivement que Jean-Luc Mélenchon puisse s’insurger à nouveau sur son cœur de métier : le social !  

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Thomas Legrand
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