Emmanuel Macron a-t-il clarifié la situation ?
Emmanuel Macron a-t-il clarifié la situation ?
Emmanuel Macron a-t-il clarifié la situation ? ©Maxppp - Alexandre MARCHI
Emmanuel Macron a-t-il clarifié la situation ? ©Maxppp - Alexandre MARCHI
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Résumé

Le président Emmanuel Macron a-t-il clarifié la situation hier ? Pas vraiment, mais le pouvait-il ? Il a pris acte de sa défaite tout en soulignant qu’il n’y a pas de majorité alternative. Dès lors, deux possibilités et l’on va voir que ça veut dire qu’il n’y en a qu’une en fait.

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Le président exclut l’Union nationale. On dit souvent d’Union nationale type 1945.

Mais en 1945 il ne s’agissait pas du tout d’une union nationale, seulement de l’union des forces résistantes droite-gauche, largement dominée par la gauche sous l’égide du Général de Gaulle pour appliquer le programme sur lequel on s’était mis d’accord dans la clandestinité via le CNR. C’était, en réalité, beaucoup plus simple !

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Toute la partie collaborationniste était exclue, bien sûr. Le seul cas d’union nationale, c’est pendant la 1ère guerre mondiale autour de Clémenceau. L’Union nationale ne se justifie que si la survie du pays est en jeu. Il faut alors prendre des mesures d’exceptions, dérogatoires du droit commun, et supprimer les oppositions.

On n’en est pas là ! Les Russes ne sont pas à Strasbourg et nous ne subissons pas encore une invasion générale de sauterelles… Il manque juste 40 députés à la majorité, on devrait s’en remettre ! Devant le nombre de responsables qui ont évoqué l’hypothèse de l’Union nationale, on est éberlué par l’incapacité à mesurer la proportion des choses et l’on aurait bien aimé être une petite souris dans le bureau du président quand il a reçu Marine Le Pen ou Fabien Roussel, où, paraît-il, il aurait évoqué l’Union nationale.

Bon, il ne l’a pas retenu. Que propose-t-il alors ?

Premier choix, offert aux oppositions : former une coalition avec d’autres groupes parlementaires. La ligne rouge (ne pas augmenter les impôts ni la dette) dessine clairement le type de coalition souhaité : Marcheurs/LR. C’est logique, la situation retire au président ses qualités de culbuto, vous savez, cette poupée qui penche d’un côté puis de l’autre avant de toujours revenir au milieu.

Non, là il doit tomber du côté où il penche, c’est-à-dire à droite… D’ailleurs, le résultat cumulé des quatre tours de scrutin depuis avril dessine une France dont le barycentre est plutôt à droite. Pour l’instant (et ça ne devrait pas changer), LR refuse le principe de coalition. Je ne suis pas allemand disait hier, ici, Christian Jacob tout en finesse démocratique, adepte du tout ou rien bien français. Reste donc le cas par cas. Méthode qui aurait l’avantage, pour le président, en sollicitant les députés LR, socialistes et écologistes, de montrer que le En Même temps est plus que jamais pertinent.

Jean-Luc Mélenchon veut faire barrage à cette possibilité par une posture paradoxalement très Vème république, qui exige une majorité absolue, en demandant à la Première ministre (le sera-t-elle encore la semaine prochaine, elle n’a même pas été citée hier...), en lui demandant, donc, d’engager sa responsabilité après son discours de politique générale. Elle (ou il) n’est pas obligée de s’y soumettre, Michel Rocard en 1988 ne l’avait pas fait. La recherche de majorité de circonstances, texte par texte, c’est donc ce vers quoi nous nous dirigeons. C’est très incertain… ce peut être assez couteux… Mais bon, notre pays doit bien passer par une forme d’apprentissage de la culture du compromis. C’est l’occasion ou jamais.

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Thomas Legrand
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