Christiane Taubira en 2016 à Paris
Christiane Taubira en 2016 à Paris ©Getty - Kristy Sparow
Christiane Taubira en 2016 à Paris ©Getty - Kristy Sparow
Christiane Taubira en 2016 à Paris ©Getty - Kristy Sparow
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La candidate "envisagée" Christiane Taubira appelle à nouveau au rassemblement, dans une tribune publiée dans Le Monde. Y croit-elle vraiment ?

Tout dépend de quelle gauche on parle... S’il s’agit du camp « social-écologiste », représenté par Anne Hidalgo et Yannick Jadot, peut-être. A ceci près que le candidat d’Europe Ecologie-Les Verts ne veut entendre parler ni d’une nouvelle primaire (il y est déjà passé dans son parti), ni d’un ralliement à un autre candidat (il a déjà donné en 2017).  

Si l’on parle d’un vrai et large rassemblement, qui irait jusqu’à Jean-Luc Mélenchon et Fabien Roussel, disons-le franchement, Christiane Taubira n’est pas assez naïve pour y croire.

Le capitaine des insoumis a fermé les écoutilles (« Laissez-moi tranquille ! ») et le secrétaire national du PCF est bien décidé à porter jusqu’au bout la première candidature communiste à la présidentielle depuis 2012.    

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L’ex-Garde des Sceaux de François Hollande fait mine de penser que les convergences à gauche (sur la justice sociale, l’urgence climatique, les services publics) pèsent plus lourd dans la balance que les divergences – qu’elle évoque assez pudiquement d’ailleurs (sur le nucléaire, l’Europe ou les relations diplomatiques). La réalité, c’est que si ces points de désaccords avaient dû être surmontés, ils l’auraient été il y a longtemps. Et encore, Christiane Taubira laisse prudemment sous le tapis d’autres sujet sensibles comme la gestion de la crise sanitaire : quel rapport entre des socialistes qui prônent l’obligation vaccinale et des insoumis partis en guerre contre le pass ?

Alors quel est l’objectif de cette tribune ?     

D’une : faire un pas de plus vers une candidature. Candidature toujours « envisagée », mais qui se précise, avec une ébauche de programme : rétablissement de l’ISF, hausse du SMIC, augmentation de salaires pour les soignants et les profs... Christiane Taubira laisse un peu de côté les envolées lyriques pour entrer dans le concret de la course vers l’Elysée.  

De deux : pouvoir renvoyer à d’autres la responsabilité de l’éclatement de la gauche. A Jean-Luc Mélenchon, donc, qui s’en moque. Mais aussi et surtout à Yannick Jadot, qui fait le dos rond en attendant que ça se passe, mais qui est de plus en plus sous pression. On entendait encore mardi sur France Inter Sandrine Rousseau – son ex-adversaire devenue membre haut-placée de son équipe de campagne – appeler au rassemblement. « Derrière Yannick Jadot ! », avait-elle précisé, mais cela avait des airs de baiser de la mort.    

En fait « d’union », il serait plus pertinent de parler de « recomposition » 

Si Mélenchon est le leader de la gauche radicale, qui sera le chef de file de ce pôle social-écolo ? C’est la vraie question qui se joue ici. Question de survie, plus que de qualification au second tour de la présidentielle.