France Inter
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C’est le défi à relever pour les héritiers de la droite et de la gauche de gouvernement. Rappel cruel : le 10 avril, Valérie Pécresse a fait 4,78% des voix, Anne Hidalgo 1,75%. Cinq mois après, la donne a-t-elle changé ? Les SOS ont été lancés, les drapeaux replantés sur un sol fragile.

À droite, d’abord, où les Républicains ont fait leur rentrée à Angers, avec Bruno Retailleau, candidat malgré lui à la présidence du parti, par devoir, par peur de la scission, pour éviter l'hémorragie finale vers le centre ou vers le RN. "Si demain on n’est pas rassemblés, dramatise le sénateur vendéen, on finira dans une cabine téléphonique…"

Elle est terrible cette image, parce que des cabines, on n’en trouve plus, ça n’existe plus ! Nostalgie des épopées chiraquienne ou sarkozyste ? Encore faudrait-il avoir assez de militants pour pleurer. Depuis décembre 2021, ils sont trois fois moins nombreux à être à jour de cotisation !

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Et ce n’est rien, comparé à ce qui passe chez les socio-démocrates…

Oui, l’autre cabine téléphonique, coupée en deux ! Celle des socialistes passés en macronnie, on les trouve chez "Territoires de Progrès", ce petit parti piloté par le ministre Olivier Dussopt, qui fut un proche de Martine Aubry.

Et puis la cabine anti-Nupes, celle des réfractaires à Olivier Faure. Depuis hier, ils retrouvent de la voix, grâce à Bernard Cazeneuve : l’ancien Premier ministre ne taille plus seulement ses rosiers en Normandie, mais aussi ses ex-camarades : "Non à la l'Internationale de la lutte contre le barbecue", "Non à un PS toutouisé par Jean-Luc Mélenchon", ce n’est pas 30 millions d’amis, mais bien le JDD que je vous cite. L’image canine pour dire qu’il n’y a pas d'avenir tant que les socialistes seront tenus en laisse par les Insoumis.

Dans les deux cas (gauche non Nupes et droite LR), la problématique est la même : comment se sortir du casse-noix mortifère de la présidentielle.

C’est encore possible ?

A partir du moment où le Président est sortant, tout est possible. Année zéro pour tous. Y compris pour la République en Marche, devenue "Renaissance", reformatée justement pour survivre à Emmanuel Macron et tenter de perpétuer le dépassement du clivage gauche / droite.

Problème pour les LR : leurs votes à l’Assemblée sont scrutés à la loupe. En juillet, ils ont souvent été la roue de secours d’Emmanuel Macron. Le mot d’ordre, maintenant, c’est de s’opposer à tout prix, et en particulier au budget. Pour le PS, même question : faudra-il tout jeter ? Même une loi sur les énergies renouvelables ? Même la solidarité à la source ? Dilemme : s'opposer, c'est gagner en clarté, mais c'est parfois perdre en crédibilité.

Or, LR et PS ont un héritage commun. Ils ont gouverné, connu la nuance, le pragmatisme au pouvoir.

Des Insoumis et du RN, on n’attend pas qu’ils fassent dans la dentelle. Leur histoire ne repose pas sur la possibilité de passer des compromis.

LR et PS, c’est différent : au petit jeu de l’opposition totale, il y aura toujours plus spectaculaire qu'eux ! Alors, comment faire entendre sa, ses différences, lesquelles ? Les idées ne meurent jamais, on ne peut pas en dire autant des vieux partis.