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Résumé

La nomination du 1er Ministre, ça traine… pourquoi ? 

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Deux hypothèses et je ne sais pas laquelle est là bonne. La 1ère est que le président prend sciemment son temps. Pourquoi se presser avant de connaitre la configuration politique de la campagne législative. La gauche a créé la NUPES, offre potentiellement puissante mais qui va aussi libérer nombre d’électeurs socialistes dépités et surtout (on ne l’a peut-être pas mesuré) qui se retrouvent, pour la 1ère fois depuis 1971, sans candidats PS dans plus de 500 circonscriptions sur 577. Comment vont-ils réagir face à une offre Insoumise ? L’extrême droite reste, elle, divisée et à LR la poutre macroniste travaille doucement l’électorat de centre-droit. Ça vaudrait donc le coup, pour le président, d’attendre avant de formuler clairement la nouvelle offre en dévoilant le nom de son nouveau 1er Ministre. Quant à la majorité, ne fallait-il pas attendre (on y est) de voir comment elle s’articulerait. Emmanuel Macron aurait voulu un grand parti central. Il y en aura 3. LREM bizarrement rebaptisé Renaissance, le MODEM (allié du début) et Horizon d’Edouard Philippe. Où sera le barycentre de cet ensemble majoritaire ? Le bruit politique se situe plutôt au centre-droit. Au nombre de sièges potentiels, ce sera peut-être différent. Au passage, il est assez piquant de constater que pour comprendre ce qui se passe dans la majorité, mouvement censé avoir aboli les notions de gauche et de droite, on est obligé de raisonner en centre-droit et centre-gauche ! Fort de ce tableau général qui se dessine, le président est maintenant mieux à même de nommer son chef du gouvernement et fournir le discours politique qui va avec.

2nde hypothèse ?

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2nde hypothèse ?La 2nde hypothèse dit que la 1ère (que je viens d’exposer et qui est –disons-le- suggérée par les Macronistes) est une explication valorisante qui tiendrait surtout du fameux Puisque nous ne maitrisons pas les évènements, feignions de les avoir organisés… En réalité (selon cette 2nde hypothèse), Emmanuel Macron tarde à nommer son 1er Ministre tout simplement parce qu’il ne trouve pas la perle rare qui corresponde aux critères qu’il a lui-même fixés : de facture sociale, écologiste et productive ; une femme, ayant la surface politique, le charisme (ou la potentialité de la surface politique et du charisme) pour mener la bataille législative. La configuration législative de la majorité, Renaissance (ex LREM…), est lestée sur son flanc droit de deux formations qui revendiquent des sièges et des voix au chapitre. Alors que le portait robot de la 1ère Ministre mais aussi le propos très écologiste de la fin de campagne confirmés par le discours d’investiture de samedi dessinent une situation politique assez contradictoire. Comment mettre en œuvre le changement annoncé ? Qui nommer ? Le pouvoir concentré à l’Elysée pendant 5 ans a asséché le marigot macronien. La majorité est dépourvue d’existence propre, de personnalités assez affirmées pour qu’un nom s’impose. La forte tonalité écologiste du discours d’investiture oblige à un choix qui sera le 1er acte par lequel on pourra vraiment savoir si la mue annoncée est politique ou communicationnelle. Mon quinquennat sera écologique ou ne sera pas, disait Emmanuel Macron. Il serait simplement temps qu’il commence.

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Thomas Legrand
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