Eric Zemmour le 23 mars 2022
Eric Zemmour le 23 mars 2022
Eric Zemmour le 23 mars 2022 ©Getty - Chesnot
Eric Zemmour le 23 mars 2022 ©Getty - Chesnot
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Résumé

Vous revenez sur l’explication qu’Éric Zemmour donnait de sa défaite au micro de BFM…

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"C’est Poutine", dit-il !

On plaint beaucoup l’Ukraine mais Zemmour aussi serait victime de l’opération militaire !

Sans l’offensive Russe, c’est sûr, il aurait devancé Marine Le Pen ! Voilà l’argument le plus gonflé qui soit, qui rappelle cette phrase de Bernanos citée ici-même la semaine dernière par les invités de la matinale consacrée à Céline : Hitler a déshonoré l’antisémitisme.

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En quelques sortes Poutine a déshonoré le nationalisme, discrédité l’identitarisme, donné une mauvaise image de l’autoritarisme, caricaturé la xénophobie, salit brutalité un peu comme Landru qui, c’est vrai, n’a pas rendu service au féminicide.

Quand Éric Zemmour disait son admiration pour la pensée de Poutine et la façon dont le président russe défendait les intérêts de son pays, Moscou avait déjà rasé Grozny. Zemmour avait applaudi. L’aviation Russe avait déjà bombardé les quartiers populaires d’Alep, en Syrie, visant délibérément hôpitaux et écoles, ciblant les civils et les forces démocratiques plutôt que Daech. Zemmour avait dit que ce n’était pas vrai.

Quand Poutine massait des troupes aux abords de l’Ukraine, le polémiste avait des tas d’explications historiques anti-atlantistes pour justifier la paranoïa russe. Alors bien sûr, il peut dire que, comme beaucoup d’autres, il n’avait cru à l’invasion. C’est une chose de ne pas avoir cru à la guerre, s’en est une autre d’approuver l’idéologie Poutiniene qui conduit à la guerre.

L’histoire en marche a tout simplement invalidé la pensée zemourienne et éclairé certains électeurs. Que le candidat d’extrême droite se soit à ce point trompé sur ce que le nationalisme et l’identitarisme produit toujours, -brutalité et malheur- a détourné nombre d’électeurs simplement conservateurs. Alors oui, Poutine est une partie de l’explication de la déconfiture zémmourienne, mais le candidat défait refuse de voir la raison profonde de sa déconfiture.

Qui est ?

La sur-dimension artificielle de ses obsessions identitaires. Le polémiste, à force de polarisations monothématiques sur de petites chaines de télés, faisait raisonner une grosse caisse identitaire, alimentait l’angoisse d’une classe moyenne plutôt rurale qui connait les quartiers populaires urbains, l’immigration surtout par le prisme des écrans bollorisés.

Le candidat et ses affidés finissaient par confondre le bruit que produisait leur écosystème médiatique identitaire avec la réalité. Ce n’est pas un hasard si les villes (c’est-à-dire là où il y a la mixité, les immigrés) n’ont pas voté Zemmour et peu Le Pen. Une autre France aussi, bourgeoise, très conservatrice (assez peu nombreuse en réalité) écoutait Zemmour qui faisait résonner une petite musique réactionnaire douce à son oreille.

Mais c’est l’extrême-droite sociale qui a pointé largement en tête du camp nationaliste. Avec le thème du pouvoir d’achat. Les succès de librairies, les séances de dédicaces de fans énamourés, l’auto intoxication des journaux et télés réactionnaires, le tamtam déformant des réseaux sociaux ont fait croire à l’extrême droite-identitaire que sa mousse était du dur ! La faute à Bolloré plus qu’à Poutine.

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Thomas Legrand
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