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Résumé

Une semaine après la Convention de la NUPES, l’union de la gauche fait toujours débat.

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Oui parce que ce n’est pas évident. Même pour ceux qui souscrivent à cet accord inattendu. Les uns accusent les autres de perdre leur âme, les autres accusent les uns de ne pas entendre le peuple de gauche. Et effectivement, les sondages le montrent, les électeurs de gauche, malgré toutes les contradictions, veulent voir les chapelles de leur camp faire l’effort de s’intéresser à ce qui les rapproche plus qu’à ce qui les sépare.

Est-ce que socialistes, écologistes, Insoumis ont plus de points communs ou de points de désaccords ? Une réponse détaillée ne résoudrait pas l’énigme par laquelle ceux qui hier s’insultaient maintenant s’entendent. Il y a toujours, en politique, des moments de clarification. L’après présidentielle en est un. Le rapport de force est établi et il faut le concrétiser en vue des législatives.

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Il se trouve que socialistes et écologistes auraient plus à perdre en contestant la réalité de la domination Insoumise même si les 22% de Jean-Luc Mélenchon ne sont pas qu’une approbation de son nom et son programme mais aussi le résultat du vote utile. Bref, ce moment de vérité électorale clôt momentanément la compétition. Comme à la fin d’un bon match de rugby où on s’est échangé des châtaignes, on se sert la main dès le coup de sifflet final.

Mais c’est sur le fond que socialistes et écologistes sont accusés de vendre leur âme

C’est là qu’il faut revenir à la question –quand même- de ce qui sépare ou rassemble ces 3 gauches (4 si l’on ajoute le PC). Ce qui les sépare (Europe, OTAN, nucléaire, dépenses publiques, laïcité) les empêcherait de gouverner ensemble demain matin. Les socialistes minoritaires dans un gouvernement Mélenchon ne pourraient pas être comme les ministres communistes de 1981 ou 1997, minoritaires dans un gouvernement Mauroy ou Jospin.

Les communistes pouvaient assumer faire partie d’une équipe qui n’allait pas assez loin mais dans la bonne direction. Des socialistes sous la houlette Insoumise ne pourraient décemment pas aller trop loin, même dans une direction qui leur va à peu près. Voilà pourquoi cet accord n’aurait pas pu aboutir si les socialistes avaient pensé une seule seconde que la NUPES pouvait être majoritaire en juin.

La geste victorieuse de JL Mélenchon est une figure fanfaronne (lourdement appuyée) pour maintenir l’élan d’avril. On peut voir du cynisme dans cet accord. Y en a ! Comme de la pomme dans le breuvage enivrant des Tontons flingueurs. Et puis, peut-on se lancer dans des élections sans dire clairement ce que l’on ferait si –surprise !- on gagnait ? Non, assurément. L’accord est donc purement électoral. Voire électoraliste. Les socialistes estiment qu’ils ne peuvent pas se permettre de disparaitre de l’Assemblée. L’accord est aussi peu glorieux qu’il est nécessaire.

Mais il affirme aussi que s’il y a des gauches, il y a LA gauche et que (pour paraphraser le mot à l’eau de rose de Saint-Exupéry) les gauches regardent dans la même direction, plus ou moins loin, en louchant plus ou moins. C’est la différence avec les droites classiques et extrêmes. Elles, ne peuvent pas s’allier, non pas qu’elles soient moins promptes à vendre leur âme. Mais tout simplement, elles n’estiment pas (pour des raisons historiques ou de valeurs fondamentales) regarder toutes dans la même direction.

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Thomas Legrand
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