Fait-on l'autruche face au Covid-19 ?
Fait-on l'autruche face au Covid-19 ? ©Getty - Patcharanan Worrapatchareeroj
Fait-on l'autruche face au Covid-19 ? ©Getty - Patcharanan Worrapatchareeroj
Fait-on l'autruche face au Covid-19 ? ©Getty - Patcharanan Worrapatchareeroj
Publicité

Deux ans et demi après la première vague, a-t-on raison de faire l’autruche face au Covid ? Une crise chasse l'autre : les écogestes du quotidien vont s'ajouter aux gestes barrières !

Ah, cher Nicolas, je vous revois encore, masqué, premier de corvée d’une matinale réalisée à 90% en « distanciel » (on disait ça à l’époque)… Désinfection des micros, disparition des bonnettes rouges en mousse France Inter.

On a tellement tourné la page qu’on se pince pour y croire. Il y a deux ans, tout le monde se barricadait. Dans deux mois, pour le Mondial de foot, le Qatar n’exige même pas de vaccins pour les joueurs et les touristes !

Publicité

Le grand retour à la normale, y compris pour Anthony Smith. Son nom ne vous dit peut-être rien. Lui, c'est un inspecteur du travail, qui avait été mis sur la touche, au printemps 2020, pour avoir désobéi à sa hiérarchie : il réclamait des masques pour les aides à domicile. Un comble. C’était cette époque folle où l’on découvrait qu’on n’avait plus de stocks. Depuis, Olivier Véran a fait son mea culpa. Et Anthony Smith, qui avait eu raison trop tôt, devrait être blanchi fin octobre.

Un symbole et le signe que le Covid est vraiment derrière nous ?

Joe Biden a dit : « la pandémie est terminée », ce qui relève plus du slogan politique, que de la vérité scientifique ! Il y a toujours des contaminations, toujours des personnes fragiles en réanimation, et quand même 30.000 morts en France depuis janvier.

Mais oui, on vit avec ! On a les tests, les vaccins : il y en a même un nouveau qui arrive lundi en pharmacie, plus efficace, le bivalent. Le variant ne varie pas ou peu. Et bonne nouvelle, on pouponne ! La natalité repart en flèche grâce aux bébés du déconfinement !

C’est déjà ça. Au moins un répit de ce côté-là. Surchauffe climatique, guerre en Ukraine, énergie chère, l'exécutif peut hiérarchiser les crises et la communication qui va avec.

C'est-à-dire ?

Et bien qu'aux gestes barrières vont s’ajouter bientôt les écogestes du quotidien. C'est jeudi prochain qu'Elisabeth Borne lancera officiellement la chasse au gaspi. Et sur le modèle des grand' messes Covid, ce sera de nouveau une pédagogie verticale censée nous responsabiliser, l’Etat, le premier, montrant l’exemple, et pas qu’avec ses cols roulés !

Le défi à relever, en termes de message, n’est pas simple. Face au Covid, tout se jouait et se joue au niveau individuel : "je me vaccine, je respecte les gestes barrières pour me protéger et protéger l'autre qui est en face de moi".

Face au défi énergétique, c'est une communication de crise en poupée gigogne. Avec plusieurs messages dans le message. D'abord le message de court terme altruiste : "si je suis sobre, c’est parce qu’il y a la guerre, et qu’il faut que tout le monde ait de l’énergie". Puis le message de court terme intéressé : "si je fais l’effort, ma facture sera moins salée". Et le message de long terme : "mon petit geste individuel contribue à sauver la planète".

Il y a tout ça, dans la sobriété. Cela veut dire accepter plus d'engagement, un civisme durable, et pas seulement pour passer l’hiver. Comment nos gouvernants vont-ils nous convaincre et nous embarquer ? Renoncer à 40 ans de consumérisme et de société du tout confort, ce n'est pas simple !

Surtout si une énième vague de Covid venait plomber un hiver froid et chahuté par les retraites. Politique fiction. Mais... Attention aux variants !