La gifle : faut-il tirer des leçons de cet incident ? ©Maxppp - L'EST REPUBLICAIN / CAPTURE ECRAN Alexandre MARCHI
La gifle : faut-il tirer des leçons de cet incident ? ©Maxppp - L'EST REPUBLICAIN / CAPTURE ECRAN Alexandre MARCHI
La gifle : faut-il tirer des leçons de cet incident ? ©Maxppp - L'EST REPUBLICAIN / CAPTURE ECRAN Alexandre MARCHI
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Résumé

Faut-il tirer des leçons de cet incident ? Le geste d’un personnage dont, pour l’instant, nous ne savons pas grand-chose, si ce n’est que son univers de réseaux sociaux est d’extrême-droite, féru d’art martiaux identitaires et de sites dits de "réinformation" ?

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Un symptôme révélateur, oui mais lequel ?

Est-il un symptôme de l’agressivité latente de la société ? Un symptôme, oui mais lequel ? Ou juste de la dérive paranoïaque d’un pan de la population devenue défiante de tout ce qui peut être étiqueté mainstrean ou institutionnel ? 

Le cri de guerre médiéval Montjoie Saint-Denis ! est-il celui d’un royaliste, militant de cette droite hors les murs désinhibée ou celui d’un abruti de jeux vidéo dont la profondeur culturelle va jusqu’au comte de Montmirail du film les Visiteurs ? 

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Cet épisode est-il un signe du délitement du respect à l’égard des autorités, à l’image de ce que nous racontaient les magistrats, invités hier à ce micro, sur l’attitude de plus en plus insolente de prévenus dans les prétoires, ou juste l’inévitable résultat statistique de la prise de risque d’un président qui s’aventure au contact du public, contre l’avis de son service de sécurité ? 

Faut-il gloser sur la crise de la représentation (et même sur les modes de scrutin), sur les dangers d’une société dans laquelle les corps intermédiaires sont fragilisés, les catalyseurs politiques (partis, syndicats, associations) sont fatigués, laissant les maires ou le président en tête à tête avec la colère brute ? 

Faut-il interroger le rôle des oppositions qui jouent avec les allumettes du discours antisystème ? Interroger l’environnement médiatique : réseaux sociaux simplificateurs, télés et radios qui polarisent et privilégient le clash ? 

Quelle est la part de l’état psychologique de certains Français après ces mois de confinement ? Des voix populaires, comme celles de Jean-Marie Bigard ou Francis Lalanne, qui hurlent, au bord de l’apoplexie, à la dictature sanitaire ou macronienne, ont elles leur responsabilité ? Ou alors cette baffe est-elle juste la recherche, par son auteur, du quart d’heure warholien  ?  

Plus de question que de réponses…

Il y a matière à réflexion sur l’état du débat public. Les élus locaux sont inquiets de la montée d’une certaine acrimonie populaire. Les statistiques d’agressions envers les maires sont claires : plus  200% en 2020. 

Cette violence, ces barrières de la civilité qui tombent, les profs la vivent avec l’attitude de certains parents, les policiers en témoignent également. Et les leaders politiques ? 

Ils doivent, certes, être le reflet de l’état d’esprit du pays, même traduire la part de la colère qui est bien là. Mais leur fonction est surtout d’être des raffineurs de la rancœur brute en énergie constructive. 

Alors même que l’Elysée tentait hier de dédramatiser (pour ne pas donner l’impression que 4 ans d’Emmanuel Macron, c’est une France au bord de la crise de nerfs), le reste de la classe politique rivalisait de réactions indignées. Ces réactions  disent-elle que le ton général du débat (politique et médiatique) va changer ? Soulignons quand même que – signe des temps - on vient de passer trois jours à commenter les agissements de Papacito et d’un passionné de déguisement médiéval… 

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Thomas Legrand
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