Statue de Bonaparte à Montereau
Statue de Bonaparte à Montereau
Statue de Bonaparte à Montereau ©Maxppp - Vincent Isore
Statue de Bonaparte à Montereau ©Maxppp - Vincent Isore
Statue de Bonaparte à Montereau ©Maxppp - Vincent Isore
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Résumé

En dehors des structures administratives que l’on évoque toujours (Conseil d’Etat, cours des comptes, lycées, code civil), il reste un imaginaire de grandeur, d’audace… et une mauvaise conscience. C’est le jour pour se poser la question du leg du bonapartisme et du napoléonisme aujourd'hui.

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En dehors des structures administratives que l’on évoque toujours (Conseil d’Etat, cours des comptes, lycées, code civil), il reste un imaginaire de grandeur, d’audace… et une mauvaise conscience … il faut dire que la Révolution, donc les Lumières, ont quand même enfanté ce régime autoritaire et esclavagiste (ce dernier reproche que – signe des temps- l’on souligne depuis pas si longtemps) ; un régime, aussi, qui a laissé la France plus petite qu’il ne l’a trouvée. 

Mais le bonapartisme comme segment politique, c’est d’abord l’histoire des partisans d’un régime impérial

Il reste encore cinq députés en 1902 qui veulent l’instauration d’un troisième Empire.

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La chambre bleue horizon de 1919 comptera une vingtaine de bonapartistes… Mais ils n’ont plus d’ambition dynastique, simplement celle d’une république autoritaire, centralisée et plébiscitaire.

Alors que le bonapartisme est souvent décrit comme un pan de la droite, il est intéressant de remarquer que dans la première partie du XXème siècle, c’est le radicalisme (donc la gauche républicaine) qui a grignoté les électorats les plus bonapartistes (dans le sud-ouest par exemple). 

Aujourd’hui, seuls quelques élus locaux corses se disent bonapartistes dans un registre plutôt folklorique.  

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Et puis il y a le ‘bonapartisme’ défini en 1954 par le politologue René Rémond

Oui, c’est un classique de la science politique … la tripartition de la droite : l’orléanisme, le légitimisme et le bonapartisme. Ce triptyque permet de lire la géographie des droites françaises : 

  • La droite serait donc issue, pour une part, des légitimistes, contre-révolutionnaires, réactionnaires (les nostalgiques du Pétainisme par exemple);
  • Les orléanistes, libéraux modérément conservateurs et les bonapartistes, souverainistes, attachés à la relation directe d’un chef charismatique avec le peuple. 
  • De la libération aux années Chirac, le gaullisme était d’essence bonapartiste selon les critères de René Rémond alors que le centre-droit libéral, ou démocrate-chrétien, serait issu de l’orléanisme.
  • Jean-Marie Le Pen dans les années 80 redonne des couleurs au légitimisme. 

Cette vision des droites a souvent été remise en cause mais reste utilisée par les chercheurs et les journalistes

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Ainsi, on peut se demander si Marine le Pen, en adoptant (à l’inverse de son père) les codes d’un républicanisme autoritaire et laïc (en apparence au moins), n’a pas voulu transformer le FN légitimiste en un RN bonapartiste. Pour une raison évidente : seules les droites bonapartistes et orléanistes accèdent au pouvoir depuis 1945… 

Mais pour les Le Pen, le bonapartisme a une autre acception que chez René Rémond. Jean-Marie Le Pen -en bon contre-révolutionnaire- vénère Cadoudal. Il va parfois se recueillir sur son mausolée en Bretagne.

Cadoudal est un général chouan guillotiné en 1804 pour avoir tenté d’assassiner Napoléon. Marine le Pen, elle, vient de publier un vibrant hommage à Napoléon 1er avec carrément un ´_vive l’empereur, vive la grandeur’_! Elle ne se contente donc pas de célébrer l’homme mais aussi le régime autoritaire ! Comme quoi la dédiabolisation emprunte des chemins bien tortueux…  

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Thomas Legrand
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