Marine Le Pen ©AFP - Philippe LOPEZ
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Résumé

Retour sur les réactions au discours du président à propos du rôle de la France au Rwanda en 1994. Principalement sur la réaction de Marine Le Pen.

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Quelques jours après les mots du président, ‘En me tenant, avec humilité et respect, à vos côtés, je viens reconnaître nos responsabilités’, un large consensus salue la formulation longuement murie. 

41 min

De LFI aux Républicains, la quasi-totalité du spectre politique avalise le processus et les mots qui rapprochent Paris et Kigali, et décrivent la réalité, dans le sillage du Rapport Duclerc.

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Il y a une exception : Marine Le Pen n’accepte pas les propos du président.La France est respectée quand elle se grandit, pas quand elle s’abaisse’ dit-elle. (Autrement dit : ‘quand elle s’abaisse à dire la vérité’). Il en était de même, sur la question algérienne quand Emmanuel Macron reconnaissait que l’Etat avait menti depuis 60 ans, que –par exemple- le militant indépendantiste Ali Boumendjel ne s’était pas suicidé (version jusqu’ici officielle) mais avait été torturé et assassiné par l’armée française. ‘Signe désastreux de repentance et de haine de soi’ avait dit la cheffe du RN.   

Marine Le Pen, là, est dans la lignée de son père

Et il ne s’agit pas juste de l’opposition entre deux visions de l’histoire, comme par exemple, la controverse classique entre ceux qui déplorent que la Révolution a engendré la terreur et ceux qui estiment (avec Clémenceau) que la Révolution ‘est un bloc’ et qu’on ne doit pas porter de jugement anachronique. 

Non, là il s’agit d’autre chose : de vérités historiques et de mensonges. Du rapport aux faits ! Marine Le Pen soutient que reconnaitre un mensonge de la France est une faiblesse et qu’admettre avoir soutenu des génocidaires (au moins par aveuglement) ne peut servir de leçon. L’instrument de la puissance de la France ne peut pas, pour Marine Le Pen, être la vérité.

Il faut continuer à mentir et ne jamais reconnaitre nos crimes et nos échecs, ne pas se soucier d’être en porte-à-faux avec les historiens et les faits avérés. Marine Le Pen peut mettre de l’eau tactique dans son vin extrémiste sur tout un tas de sujets, dans le cadre de sa stratégie de dédiabolisation et maintenant, même de banalisation, mais quand il s’agit de l’essentiel, la vérité de l’extrême-droite peu démocratique (ou illibérale) se fait jour. 

Et c’est vrai, pour assoir son influence dans le monde, pour défendre ses intérêts, la vérité peut être un handicap pour un pays qui choisit la force brute. La Russie, la Chine, la Turquie, la Hongrie, (l’Algérie aussi d’ailleurs, s’agissant de son histoire) ne s’embarrassent pas de vérité. Mais cette façon de faire nécessite alors de museler historiens et journalistes, de réimposer des interdits sur les archives ou des publications susceptibles de contredire la version officielle. 

En d’autres termes, pour tenir sa position actuelle sur le Rwanda, la mémoire Algérienne, et donc bien d’autres sujets, l’éventuelle présidente Le Pen devra s’appliquer à affaiblir (comme le font tous les Etats autoritaires cités plus haut) les ressors démocratiques du pays. CQFD  

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Thomas Legrand
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