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Résumé

Au moment où entre israéliens et palestiniens, une nouvelle escalade de la violence fait la Une de l'actualité, retour sur "Le Serment" (The Promise en VO) une mini-série qui, il y a 10 ans, revenait sur le contexte dans lequel a été créé l'Etat d'Israël sous le mandat britannique.

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Le conflit israélo-palestinien mine l’histoire géopolitique du monde depuis plus de 70 ans, une histoire complexe où les deux camps ne cessent de s’affronter au point qu’aujourd’hui, on ne sait plus, comment cette histoire a démarré et c’est justement un des points d’entrée dans l’histoire récente du Proche-Orient qui a inspiré une des grandes figures de la télévision anglaise, Peter Kosminsky. 

Peter Kosminsky, né en 1956 dans une famille juive londonienne, ce fait d'abord un nom comme documentariste et reporter de guerre puis comme un scénariste et réalisateur de fiction engagé et documenté. On se souvient entre autres de sa mini-série qui n’était pas tendre avec la génération travailliste qui a révélé Tony Blair dans The Project (Les années Tony Blair en VF), Warriors un téléfilm sur des casques bleus en Bosnie ou encore The State, en 2017 centrée sur de jeunes britanniques qui partent faire le Djihad. C’est lui aussi qui avait coécrit avec Raoul Peck la série française sur les coulisses de l’ENA , L'école du pouvoir, centrée sur la promotion Voltaire (celle de François Hollande, Dominique de Villepin ou Ségolène Royal) une série intéressante à revoir au vu de l'actualité. 

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Dans Le Serment, il y a 10 ans, la série est passée sur Channel 4 en mars 2011 et un an plus tard sur Arte, Peter Kosminsky s’intéresse au voyage en Israël d’une jeune étudiante, Erin, interprétée par l’excellente Claire Foy bien avant qu’elle incarne la jeune reine Elisabeth dans les premières saisons de The Crown

Erin décide de se rendre sur place après être tombée sur des notes de son grand-père et découvre qu’il avait fait partie des forces de maintien de la paix en Palestine en 1945.

La série qui jouent sur les flashbacks entre 1945 et les années 2000 tente de raconter l’histoire de la création d’Israël, quelques années avant sa naissance en mai 1948 … Une reconstruction de l’histoire non sans polémique, effectivement lors de la diffusion si la qualité de la série a été unanimement saluée, sur le plan de la véracité historique plusieurs historiens ont jugé cette mini-série partisane. 

Annette Wiewiorka ou encore Samy Cohen du Centre d'études et de recherches internationales de Sciences-Po, interrogés par La Croix à l’époque - retrouvez cet article ici - relevaient dans Le Serment quelques imprécisions ou erreur historique.  Des analyses contrariantes pour Peter Kosminsky qui dans une interview pour l’Humanité - intégralité de l'entretien ici - rappelait qu’il serait je le cite « très attristé si quelqu’un devait considérer sa série comme partisane » avant d’ajouter « Nous nous sommes battus avec l’aide de juristes pour vérifier très méticuleusement que le film est équilibré. Mais équilibré pour moi ne signifie pas que chaque scène est équilibrée mais que prise dans son ensemble la série est équilibrée. Si vous lisiez le résultat des recherches, vous le verriez. J’ai interviewé quatre-vingt-deux survivants du déploiement britannique en Palestine et leur conclusion était absolument claire et sans équivoque : ils étaient arrivés très pro-juifs et sont partis très pro-arabes » 

Moralité : Construite à partir de véritables témoignages, même si cette série reste une fiction, il est intéressant de la voir ou la revoir pour mieux saisir l'histoire de l'extrême droite israélienne et la politique de colonisation de villages et terres palestiniennes durant les dernières années du mandat britannique juste avant l’indépendance de l’État d’Israël le 14 mai 1948,  il y a  73 ans. Une série qu'il ne faut donc pas regarder comme un document historique mais comme une fiction qui éclaire beaucoup sur ce conflit sans fin qui oppose israéliens et palestiniens.

=> Retrouvez Benoît Lagane, avec ses gourmandises sérielles et cathodiques dans Faim de Séries tous les vendredis dans le 5/7 de Mathilde Munos sur France Inter

Références

L'équipe

Benoît Lagane
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