"Game of Thrones" fête ses 10 ans aujourd'hui, l'occasion de revenir sur quelques uns des effets miroirs que la série a pu tendre durant la dernière décennie.
"Game of Thrones" fête ses 10 ans aujourd'hui, l'occasion de revenir sur quelques uns des effets miroirs que la série a pu tendre durant la dernière décennie.
"Game of Thrones" fête ses 10 ans aujourd'hui, l'occasion de revenir sur quelques uns des effets miroirs que la série a pu tendre durant la dernière décennie. - HBO
"Game of Thrones" fête ses 10 ans aujourd'hui, l'occasion de revenir sur quelques uns des effets miroirs que la série a pu tendre durant la dernière décennie. - HBO
"Game of Thrones" fête ses 10 ans aujourd'hui, l'occasion de revenir sur quelques uns des effets miroirs que la série a pu tendre durant la dernière décennie. - HBO
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Résumé

Game of Thrones fête ses 10 ans aujourd'hui, l'occasion de revenir sur quelques uns des effets miroirs que la série a pu tendre durant la dernière décennie.

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C’était il y a dix ans tout rond, le 17 avril 2011, sur HBO, Game of Thrones va venir bousculer le paysage sériel et surtout HBO. Une série qui a bouleversé industriellement le monde des séries en mixant les trois grands genres des récits du millénaire : la tragédie Shakespearienne, la fantasy à la Tolkien et le soap opera à la Dynastie, ce qui - dit comme ça - explique en partie pourquoi la série a trouvé son public ou plutôt ses publics.

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D'ailleurs, suivre les débats des fans sur les réseaux sociaux pouvaient être intéressants car les interrogations des uns ne se recoupaient pas forcément avec les théories des autres... à chacun de voir ou de projeter ce qu’il entend dans Game of Thrones.

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Certains ont vu une série sexiste alors que d’autres l’ont considérée comme féministe, au fond peut-être, a-t-elle été les deux selon ses saisons ? Il y a ceux qui ont vu les fameux marcheurs blancs comme une allégorie au réchauffement climatique quand d’autres analysent cela plus simplement comme l’incarnation du thème de la mort inéluctable qui plane sur chacun de nous. 

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Bref, philosophes, sociologues, historiens ont donc chacun leur point de vue et regards sur la série. Idem, chez les politologues ou politiciens. Notre ex-premier ministre, Edouard Philippe, qui aime The West Wing,  aime aussi beaucoup Game of Thrones parce que cette série questionne avec pertinence la chose politique. 

Comment on conquiert le pouvoir, comment on le conserve, comment on navigue entre le religieux et le civil, entre les monarchies électives et les dynasties filiales" dit-il "Cette série n'est que politique" avant d’ajouter "Est-ce qu'on a envie de se comporter quand on est aux affaires comme la plupart des personnages de Game of Thrones ? Je ne le crois pas !"

De l’autre côté des Pyrénées et à l’opposé de l’échiquier politique de Edouard Philippe, il y a Pablo Iglesias et ses compagnons de lutte du parti Podemos en Espagne qui appellent le peuple à s’opposer je le cite au "règne bien réel et sans partage des Marcheurs blancs d’une économie devenue synonyme d’impuissance politique". Ils ont même écrit un livre intitulé "Les leçons politiques de Game of Thrones" où ils croisent ainsi les personnages de GoT aux grandes théories de la science politique de Machiavel à Carl Schmitt en passant par Hobbes et Lénine. 

Pendant ce temps-là quelques historiens rappellent que si la série fait tant écho aux questionnements politiques de notre monde c’est peut-être parce que George R.R. Martin, l’auteur des romans, est d’abord et avant tout un passionné d’histoire et du livre de Maurice Druon, "Les Rois Maudits". 

Il n’est donc pas étonnant que si le célèbre mur de la série renvoi objectivement à celui d’Hadrien, fondé en 122 par les Romains pour se protéger des attaques des tribus venant du Nord, on puisse y voir aussi, subjectivement, un commentaire au projet de Mur de Donald Trump. 

Moralité : Le succès mondial de Game of Thrones et toutes les analyses plus ou moins judicieuses ou foireuses que l’on a pu lire ou entendre témoignent au moins d’une chose réjouissante c’est à quel point politiques et intellectuels qui ont longtemps snobé la télé et ses séries, acceptent enfin de les observer comme n’importe quelle œuvre de leurs temps, comme des œuvres artistiques qui regardent le monde. 

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Dommage qu’il n’y ait pas eu autant de géopolitologues, d’historiens et de politiques français suffisamment ouverts à la culture populaire de la télé pour analyser en son temps dans les années 70 ou 80 en France, les séries Dallas et Dynastie, séries produites et regardées différemment en pleine période reaganienne aux USA et Mitterrandienne, chez nous, ça nous aurait éviter sans doute des raccourcis et un mépris (de classe) à l’encontre du goût des autres. 

Références

L'équipe

Benoît Lagane
Production