L'illustratrice, dessinatrice de presse et autrice de bande dessinée Catherine Meurisse
L'illustratrice, dessinatrice de presse et autrice de bande dessinée Catherine Meurisse
L'illustratrice, dessinatrice de presse et autrice de bande dessinée Catherine Meurisse - Rita Scaglia
L'illustratrice, dessinatrice de presse et autrice de bande dessinée Catherine Meurisse - Rita Scaglia
L'illustratrice, dessinatrice de presse et autrice de bande dessinée Catherine Meurisse - Rita Scaglia
Publicité
Résumé

Elle est la première auteure de bande dessinée élue à l'Académie des Beaux-Arts. C'était en 2020. L'Embellie dévoile la personnalité d'une incontournable du paysage de la BD.

En savoir plus

Catherine Meurisse, dont le dernier album La jeune femme et la mer est paru chez Dargaud en octobre dernier, était en lice pour la finale du Grand Prix 2022 du Festival international de la bande dessinée d'Angoulême.
Elle illustrera fin juin une sélection des Fables de La Fontaine dans le cadre de l'opération Un livre pour les vacances qui a lieu dans toutes les académies depuis 2018; le fruit de ce travail sera offert à tous les élèves de CM2, la lecture étant grande cause nationale jusqu'à l'été 2022.

Les références

  • Sigolène Vinson
  • Valérie Manteau
  • Solène Chalvon-Fioriti
  • Marcel Proust 1871-1922
  • Quentin Blake
  • Claire Bretécher 1940-2020
  • Tomi Ungerer 1931-2019
  • René Pétillon 1945-2018
  • Le Sens de la vie,  Monty Python,1983
  • Vols au crépuscule, d'Helen Mc Donald, 2021
  • Manuel de transition de Rob Hopkins, 2010
  • Permaculture, principes et pistes d'action pour un mode de vie soutenable, de David Holmgren, 2014

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.

"Où porter son regard…" par Eva Bester

  • Les Aristobules

La programmation musicale

  • Autour de ton cou / Stephan Eicher (2022)
  • Romance with a memory / Oliver Sim (2022)

Le générique de l'Embellie a été composé par Flavien Berger.

Publicité

Extraits de l'entretien

Eva Bester : Êtes-vous une bonne amie pour vous-même ?

Catherine Meurisse : "Je suis parfois très dure. Je suis de nature très anxieuse, ce qui peut me conduite à l'être. J'essaie d'être plus douce. Ça ne marche pas toujours, mais mon entourage, mes proches, m'invitent à un peu plus cool avec moi."

N'éprouvez-vous jamais de découragement avant de se mettre au travail ?

CM : "J'ai toujours envie de dessiner. Cette envie ne me quitte pas. Je m'accroche tellement au dessin, que si, si je laisse tomber, je ne vaux plus rien.

Je suis une petite flaque dans le caniveau."

Vous qui avez dessiné et dit votre admiration pour la campagne, comment supportez-vous l'air de la ville ?

CM : "Je souffre énormément. Mais comme le dit l'adage, il faut souffrir pour créer. Donc, je crée, je crée, je crée sans m'arrêter ! Plus sérieusement, c'est vrai que c'est quelque chose qui me met en colère. J'essaie le plus possible de faire des pauses et d'aller trouver un air meilleur**. Mais cela m'attriste.**

L'air pur est bon pour la santé physique, il provoque aussi tellement de sensations, il convoque tellement d'odeurs…

Sous la pollution urbaine, se nichent tellement de souvenirs, d'idées, de sensations…

À la campagne, je retrouve mes moments proustien où, à la faveur d'une odeur, je vais me souvenir involontairement de souvenirs."

Comment se déroulent les séances de l'Académie des beaux-arts où vous siégez dorénavant ?

CM : "Je serai en habit d'académicienne le jour de mon installation sous la coupole où je suis censée porter une épée ou un sac à main Marguerite Yourcenar ou Simone Veil.

Et sinon, on peut pour aller aux séances en jean et charentaises ! (rires)

Chaque semaine, on aborde un point d'actualité énoncé par le secrétaire perpétuel Laurent Petitgirard. Il peut s'agir des résidences d'artistes à créer, ou alors de questions sur le droit d'auteur… C'est très riche, et très intéressant.

L'Académie propose des prix dotés. Il existe un prix de dessin et bientôt, j'espère, un prix de bande dessinée."

Charlie

Le dessin de presse, vous manque-t-il ?

"Le dessin de presse ne me manque pas, mais l'équipe oui : les rires des copains et l'effet d'entraînement. Je n'ai jamais été aussi gonflée qu'avec cette équipe qui était constituée de mecs très drôles, tellement vifs, tellement intelligents. Je me suis vraiment marrée.

Je suis arrivée par un dessin. En 2005, j'étais étudiante à l'école Estienne et le dessin qui m'avait fait gagner le concours  c'étaient deux pingouins sur une banquise qui fondait. L'un disait à l'autre "Je me taperai bien un couscous". Et j'ai été prise. Je suis allée à la rédaction où j'ai rencontré Cabu, Wolinski, Gébé, Val et bien sûr, Charb, Luz, tout le monde… J'étais très intimidée.

Le but du journal était, disait Cavanna, "d'applaudir les "plus beaux exploits de la bêtise en allant encore plus loin que la bêtise. Mais jusqu'où ? Jusqu'à l'absurde, jusqu'au grandiose".

Cette phrase-là me fait rire, et toutes les semaines au journal, on essayait de toucher au grandiose en étant aussi "cons" que les "cons" qui nous entouraient et ça nous faisait beaucoup rire.

On parle beaucoup des dessinateurs à Charlie qui étaient un peu les rois du journal. Ils ont été mes maîtres. J'ai adoré travailler avec eux, mais on parle moins souvent des femmes et il y en avait beaucoup. Et elles étaient très talentueuses. Aujourd'hui, je voudrais rendre hommage aux femmes de Charlie : Sigolène Vinson, Agathe André, Valérie Manteau, Solenn Chalvon-Fioriti… J'ai fait mes premières expériences sur le terrain grâce à elles.

J'étais très admirative de mes copines reporters qui étaient beaucoup plus gonflées que moi. J'étais une reporter en chaussons : je pouvais aller plus loin dans le dessin, mais depuis chez moi.

Ces filles étaient très engagées, très actives, et elles m'ont beaucoup appris.

La litterature

Vous dîtes de Marcel Proust qu'il est votre auxiliaire de vie…

CM : "La littérature est une façon de voir plus, ou de vivre plus. La nature nous embrasse totalement. C'est comme une étreinte. J'ai vraiment besoin d'elle constamment. Mais la littérature, qu'elle parle de nature ou pas, vient en nous épauler. Je ne peux pas imaginer une vie sans l'une ou sans l'autre.

La lecture de Marcel Proust a été un tel choc. Je m'amusais à l'appeler auxiliaire de vie parce que la lecture de son œuvre a été une sorte de révélation.

Ses livres viennent parler à l'ensemble de votre être.

Vous vous reconnaissez dans son œuvre, comme on peut se reconnaître parfois devant certains tableaux. Mais les tableaux, il y en a aussi dans A la recherche du temps perdu. J'ai trouvé à la fois des choses extrêmement profondes que je n'imaginais pas comme des réflexions sur des questions existentielles ou peut-être des débuts de réponses à des questions importantes.

Et puis, j'ai aussi trouvé des choses beaucoup plus superficielles, ce qui ne veut pas dire qu'elles sont superflues : des motifs de tissus, l'importance donnée à certains objets, des clochers d'églises qui me rappelaient la maison et le village de mes grands-parents."

La suite, Claire Bretécher, Tomi Ungerer, Quentin Blake, les Monty Python est à écouter…