Le journaliste, chroniqueur de radio, écrivain et biographe Pierre Assouline ©Maxppp - PHOTOPQR/NICE MATIN/Jean François Ottonello
Le journaliste, chroniqueur de radio, écrivain et biographe Pierre Assouline ©Maxppp - PHOTOPQR/NICE MATIN/Jean François Ottonello
Le journaliste, chroniqueur de radio, écrivain et biographe Pierre Assouline ©Maxppp - PHOTOPQR/NICE MATIN/Jean François Ottonello
Publicité
Résumé

Incontournable du paysage littéraire français, Pierre Assouline vient de faire paraître "Le Paquebot" aux éditions Gallimard. Une Embellie sous le signe de l'histoire, du cinéma et de la musique.

En savoir plus

Aujourd’hui dans L’Embellie, c’est un voyage à travers les émotions, la solitude et la complexité de l’être dans lequel nous accompagne Pierre Assouline. Il collabore régulièrement à L’Histoire comme chroniqueur et à La République des livres, qu’il a créée en 2005. Il enseigne à Sciences Po-Paris l’écriture en 1ère année et est membre de l’Académie Goncourt.

Nulla dies sine linea, aucun jour sans une ligne

“Quand je suis seul avec moi-même, c'est à dire très souvent, je suis sûr de ne pas être déçu parce que je me connais”. La solitude comme moteur de la création littéraire, c’est ainsi que l'écrivain dépeint son œuvre. Dans un pays libre où l’on a accès à la littérature et à la culture du monde entier, Pierre Assouline revient sur les fondements de l’écriture et de sa vie d’artiste.

Publicité

“Tout écrivain a commencé par être un lecteur. Souvent il le demeure jusqu'à ses derniers jours. Les livres l'ont fait écrivain, ils ont façonné son imaginaire. Son expérience de la vie a fait le reste en se frottant à ses lectures. Or, rien ne nous renseigne mieux sur ses lectures que l'exploration de sa propre bibliothèque. Non pas tant l'examen de son inventaire que celui de ses livres, même tel qu'il les a notés, rangés et dérangés.” Très attaché à ses lectures, c’est dans les ouvrages de la Pléiade qu’il puise son inspiration, outil de travail remplaçable presque divinisé entre les livres stabilotés. Son livre de chevet : La chèvre de Monsieur Seguin, avec cette fameuse phrase “Mon Dieu, pourvu que je tienne jusqu’à l’aube”, qui l’a aidé à avancer au lieu de se résigner dans les moments les plus difficiles.

si je n'écrivais pas, je ne ferais que lire.

L'art d'être

Pierre Assouline se rappelle encore distinctement cette colère, au sortir d’une médiocre pièce de théâtre, d’avoir été volé d’une heure et demie de sa vie. Une heure qui aurait pu être passée à ne rien faire. “une activité que j'aime beaucoup et qui m'apporte énormément est de me mettre à une terrasse de café et regarder les gens passer. Ce qui est très enrichissant. Sans rien lire, juste observer, en écoutant aussi les conversations.” Il rappelle qu’il n’y a rien de mieux pour trouver l’inspiration que de s’imprégner du monde au lieu de courir avec lui.

Avec l'âge, les choses s'adoucissent. On a moins d'agressivité, moins de violence vis à vis de l'ordre du monde, on prend les choses avec un peu plus de sagesse.

Lui qui refuse de poursuivre les thèmes de mélancolie, à la mode en littérature, lui préfère l’intranquillité.  “Il n'est pas pathologique, il ne fait pas appel aux médicaments. On peut vivre très bien avec. C'est quelque chose qui m'a toujours beaucoup apporté, enrichi et c'est fécond.” Une recherche de la légèreté en opposition à la lourdeur de l’angoisse.

Résister

Fils d’un ancien militaire de l’armée d’Afrique La France Libre en Algérie, il plongeait souvent dans la bibliothèque familiale emplie de livres sur la seconde guerre mondiale. Cela lui a inspiré de nombreux essais et textes de fictions consacrés à la période de l’Occupation, période de pensées compromises mais surtout de radicalisations intérieures. “Ça a été tellement intense que ça a été révélateur. Ça a cristallisé chez tous les Français le meilleur et le pire. Quelqu'un qui est un peu lâche en temps de paix s'est retrouvé être très lâche sous l'Occupation. Mais quelqu'un d'un peu courageux s'est retrouvé très courageux.”

Adepte de nombreux sports (ski, natation, judo, entre autres), c’est en pratiquant l’aviron en tant que barreur à ses quatorze ans qu’il a appris à commander et à s’imposer.

Dès que j'ai su dire non, je l'ai dit 400 fois par jour et je me suis senti d'une liberté absolue. C’est là qu’on devient libre.

L'art comme lien

Son film fétiche ? The Hours de Stephen Daldry, sorti en 2003. Une mise en abîme de la résonnance de Mrs Dalloways de Virginia Woolf chez trois femmes à des époques différentes. Un film qui incarne pour lui la dimension relationnelle de la littérature. “Quand vous rencontrez quelqu'un que vous connaissez à peine, si au bout d'une demi heure, il vous dit "moi aussi, j'ai adoré Mrs Dalloway”, tout de suite, il y a une communion qui se crée entre vous, et on peut se parler à travers une œuvre parce qu'on a une sensibilité commune par rapport à cette œuvre.”

Les références

  • Winston Churchill (1874-1965)
  • Jean Moulin (1899-1943)
  • Don Quichotte de Miguel de Cervantès 1605-1615
  • La chèvre de M. Seguin d’Alphonse Daudet / 1869
  • The Hours de Stephen Daldry / 2003
  • Vier letzte lieder de Richard Strauss / 1948
  • Premier combat de Jean Moulin / 1947
  • Stehen, poème de Paul Celan
  • Un jeune homme à la recherche de l’amour d’Isaac Bashevis Singer (1969)

La programmation musicale

  • Malik Djoudi / Saatchi (2021)
  • Nilufer Yanya / Stabilise (2022)

Le générique de l'Embellie a été composé par Flavien Berger.

L'invité

Pierre Assouline | journaliste, chroniqueur de radio, écrivain et biographe

Références

L'équipe

Eva Bester
Production
Juliette Goux
Réalisation