Portrait d’Amandine Gay, autrice, comédienne, réalisatrice, sociologue et militante afro-féministe, le 9 mars 2021 à Paris.
Portrait d’Amandine Gay, autrice, comédienne, réalisatrice, sociologue et militante afro-féministe, le 9 mars 2021 à Paris. ©AFP - Bruno Coutier
Portrait d’Amandine Gay, autrice, comédienne, réalisatrice, sociologue et militante afro-féministe, le 9 mars 2021 à Paris. ©AFP - Bruno Coutier
Portrait d’Amandine Gay, autrice, comédienne, réalisatrice, sociologue et militante afro-féministe, le 9 mars 2021 à Paris. ©AFP - Bruno Coutier
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La réalisatrice et autrice Amandine Gay relate dans “Une poupée en chocolat” (La Découverte), sa naissance sous X d’une mère marocaine et d’un père martiniquais ainsi que son adoption par des parents blancs. Un récit entre autobiographie et essai qui interroge les enjeux de l’adoption transraciale.

Dans le documentaire “Ouvrir la voix”, la réalisatrice et sociologue donne la parole à des femmes noires qui témoignent du racisme systémique en France et en Belgique.

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A travers des thèmes comme les cheveux, la famille, la sexualité, l’école, la vie professionnelle ou encore la dépression, Amandine Gay révèle combien les clichés racistes ont encore la peau dure, tout en racontant différents parcours de vie. Dans son roman “ Une poupée en chocolat” Amandine Gay politise la question de l’adoption, et signe un essai autobiographique pour repenser l’adoption. 

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Son histoire est celle d’une fille noire adoptée après sa naissance sous X en 1984 par un couple blanc. Tout en dévoilant sa quête pour retracer son passé et son histoire familiale, Amandine Gay analyse ainsi plus globalement les discriminations subies par les personnes adoptées, mais aussi par leurs mères biologiques. 

Ce soir elle revient sur son parcours, sur son enfance et porte un regard qui nous éclaire sur les problématiques de l'adoption.

Extraits de l'entretien

L'adoption dans une famille n'est pas le problème, mais la société dans laquelle elle se déroule

Amandine Gay : "Quand on est une personne adoptée, on l'est dans une société donnée. Même si dans notre famille, cela se passe très bien, que se passe-t-il le jour où l'on va à l'école et que l'on vous dit : "Je ne te donne pas la main, tu es noire", suivi de "Elle est où ta vraie maman ? " Comment faire face quand on a 5 ans ?"

Le récit positif de l'adoption

"Mes parents m'ont toujours dit la vérité sur mes origines avec des différences en fonction de mes âges. L'histoire que j'avais retenue était que mes parents ne pouvaient pas avoir d'enfant. Grâce à ma mère de naissance, quelqu'un de courageux, mais qui n'avait pas pu me garder parce qu'elle avait eu une vie difficile, ils avaient pu m'avoir."

La question raciale

"Ma mère a eu la présence d'esprit de se dire que ce serait bien que j'ai des poupées qui me ressemblent. Ma maîtresse à l'école en petite section de maternelle avait même fait venir un poupon noir dans l'école avant que j'arrive pour que les autres élèves aient déjà vu des enfants de couleur. Il faut aborder la question raciale rien que pour que l'on sache s'occuper de vos cheveux, par exemple. Les parents blancs ne le savent pas nécessairement. Ce sont des choses qui font qu'au quotidien, vous pouvez vous retrouver dans un rapport très compliqué à votre négritude."

Le tabou de la séparation d'avec son enfant

"Personne ne vous dit qu'elle s'est séparée d'un enfant. Aucun travail n'a été fait pour banaliser ce geste. Il reste un énorme tabou. Pour que ce soit légitime d'abandonner un enfant, il faudrait être mineur ou avoir vécu une chose terrible. Sinon ce ne serait pas légitime. 

Je pensais que ce serait le cas pour ma mère de naissance. Or elle avait 27 ans, elle était en formation d'esthéticienne... Il m'a fallu déconstruire l'idée que ce n'est pas parce qu'on est une femme que l'on doit garder un enfant dont on ne veut pas."

Le racisme anti-noir

Personne ne souhaite n'être qu'un espace de projections, négatives de surcroit. Lorsqu'on est enfant, on n'est pas en mesure de comprendre que le racisme est une projection faite sur vous qui s'inscrit dans une histoire, dans un passé, des rapports de force, des rapports de domination... On m'a dit qu'on n'aimait pas les noirs, mais que moi, ça allait. C'est terrible : je m'inscris dans le reste de la communauté noire. Comment est-ce que je peux me construire dans quelque chose de positif ?

La suite est à écouter...