Le peintre, graveur et sculpteur Gérard Garouste
Le peintre, graveur et sculpteur Gérard Garouste ©AFP - Joël Saget
Le peintre, graveur et sculpteur Gérard Garouste ©AFP - Joël Saget
Le peintre, graveur et sculpteur Gérard Garouste ©AFP - Joël Saget
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Le peintre Gérard Garouste est à l'honneur au Centre Pompidou, qui lui consacre une grande rétrospective. Il est l'invité de l'Heure bleue...

"La peinture est mon instrument. Si j'avais été musicien, j'aurais joué du violon pour le grincement du passé, la mélancolie, la symphonie et la danse qu'il transporte en lui. C'est étrange, comme souvent, les toiles que j'ai tenté et jamais achevé correspondent à des choses belles de ma vie".

Gérard Garouste est l'invité de L'Heure Bleue à l'occasion de la rétrospective que lui consacre le Centre Pompidou à Paris jusqu'au 2 janvier 2023.

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Hors circuit

Avant de rejoindre les Beaux-Arts de Paris en 1965, Gérard Garouste est interne au collège de Montcel et la peinture lui est apparu comme être le seul choix possible : "Être peintre, c'est un métier pour moi, pas une vocation. Je n'ai pas eu le choix, car j'étais nul en tout. Tellement mauvais que mes parents m'ont envoyé voir des médecins qui m'ont trouvé intelligent mais seulement très distrait. Du bac à mes premières années de fac, j'ai absolument tout raté. C'est par le dessin et mes mains que j'ai pu m'en sortir. C'est pour cela que l'on trouve souvent un hommage aux mains dans mes tableaux".

Étudiant rêveur, il se sent très vite coupé des autres, comme hors circuit : "Je me sens toujours hors circuit. J'ai toujours des problèmes à résoudre avec moi-même, des problèmes de rapport à la peinture aussi. Pour tout, je considère que rien n'est vraiment résolu. Mais en même temps, je me sens dans une belle aventure. Mais quand je vois l'art contemporain autour de moi, je me sens loin de ça, donc aussi hors circuit".

Mettre en peinture les mots

Peintre des mots, il se définit comme un peintre figuratif, en mesure de répondre à ses propres questionnements. Faisant souvent référence à la Bible qu'il étudie en même temps qu'il apprend l'hébreu depuis les années 90, ses peintures sont des narrations : "Pour moi l'importance de ma peinture, ce n'est pas la forme, mais le texte et ce qu'il raconte. Au début de cette rétrospective, on peut voir des sujets classiques, c'est-à-dire des histoires qui se racontent, des mythes classiques, religieux. Et puis à un moment de l'exposition, le récit devient autre, il se nourrit d'un rapport à l'écriture qui passe par des choses étranges comme le Talmud, une certaine interprétation des textes bibliques qui fait que le texte donne une autre dimension à la peinture, c'est la deuxième partie de l'exposition".

Gérard Garouste au côté de Jean Charles de Castelbajac lors de son vernissage de sa rétrospective au Centre Pompidou le 6 septembre 2022.
Gérard Garouste au côté de Jean Charles de Castelbajac lors de son vernissage de sa rétrospective au Centre Pompidou le 6 septembre 2022.
© Getty - Foc Kan / Contributeur

Un art qui se nourrit du passé et s'exprime dans le futur

Peintre à part, ni classique, ni contemporain, Gérard Garouste refuse les étiquettes et la temporalité de la peinture. Grand admirateur de Velasquez et Greco pour leur art de la maîtrise, il mélange ses influences pour livrer une œuvre à part, intemporelle : "Pour moi, nous ne sommes plus dans la lutte des anciens et des modernes. Le classique et l'art contemporain, c'est la même chose. Je ne me sens pas contemporain, je me sens dans un art qui est nourri du classique, du passé et qui s'exprime dans le futur".

L'influence du cirque

Autre sujet longuement exploité dans l'œuvre de Gérard Garouste, le cirque. Un sujet qu'il puise dans ses souvenirs, son enfance mais aussi de son histoire familiale : "Ma famille était de petits-bourgeois, pas très drôles. Mais il y avait un personnage extraordinaire qu'on me présentait dans la famille comme étant une grande tante, mais j'ai très vite compris que c'était mon arrière grand-mère. Elle avait été éloignée de la famille, car elle était tombée très jeune enceinte et c'était devenu un secret de famille, car on ne savait pas qui était le père. Elle avait été chanteuse, mais aussi cavalière. C'était l'une des premières femmes cavalières dans les cirques et elle en a fait une grande carrière. Quand je l'ai su à 15 ans, j'ai eu une grande admiration pour elle alors qu'elle était la honte de la famille. Je pense que ma fascination pour l'univers du cirque que l'on retrouve dans les peintures vient de là".

Âgé maintenant de 75 ans, Gérard Garouste est à l'honneur du Centre Pompidou qui lui consacre une grande rétrospective. On y découvre une œuvre riche qui côtoie autant les sujets bibliques que les récits de Kafka.

Gérard Garouste - Rétrospective au Centre Pompidou de Paris jusqu'au 2 janvier 2023

Pour en savoir plus, écoutez l'émission...

Musiques :

  • "Lavender Fields" - Nick Cave & Warren Ellis
  • "I Walk The Line" - Johnny Cash
  • "Un peu plus souvent" - Alexia Gredy

Archives :

  • Archive INA du 23 février 1977 (au micro de Jean Marie Benoist) : Roland Barthes parle de sa manière de contempler de la peinture et de l’aspect romanesque de la peinture.
  • Archive INA du 28 mai 1978 (au micro de Muckensturm) : Françoise Dolto à propos de son livre L’évangile au risque de la psychanalyse

Générique : "Veridis Quo" - Daft Punk

Le Mag de l'été
49 min
L'Heure bleue
53 min

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