Portrait de la philosophe et professeure à l'Université Berkeley Judith Butler, autrice avec Frédéric Worms, "Le Vivable et l'invivable" (PUF). ©Maxppp - Oliver Mehlis/dpa/picture-alliance
Portrait de la philosophe et professeure à l'Université Berkeley Judith Butler, autrice avec Frédéric Worms, "Le Vivable et l'invivable" (PUF). ©Maxppp - Oliver Mehlis/dpa/picture-alliance
Portrait de la philosophe et professeure à l'Université Berkeley Judith Butler, autrice avec Frédéric Worms, "Le Vivable et l'invivable" (PUF). ©Maxppp - Oliver Mehlis/dpa/picture-alliance
Publicité
Résumé

Un produit biologique ? Une construction sociale ? La réflexion sur les conditions de la vie que mènent Judith Butler et Frédéric Worms dans leur ouvrage “Le vivable et l’invivable” (PUF) implique de déterminer ce qui fait une vie humaine et ce qui la distingue de la survie. Leur dialogue ce soir, dans l'Heure Bleue.

avec :

Frédéric Worms (Professeur de philosophie contemporaine à l’ENS, directeur adjoint du département des Lettres et membre du Comité consultatif national d’éthique, producteur à France Culture).

En savoir plus

Tout au long de l'émission, la traduction simultanée est assurée par Hélène Joguet.

Qu’est-ce que la vie ? Cette question métaphysique qui a traversé toute l’histoire de la philosophie trouve aujourd'hui un écho particulier, alors que la pandémie a intensifié les inégalités et renforcé le sentiment de notre interdépendance. 

Publicité

L’expérience de la finitude se manifeste dans des drames humains récurrents et nous pose face à plusieurs inconnues : qui meurt plus tôt et pourquoi ? Et surtout, pour qui n'existe-t-il aucune promesse infrastructurelle ou sociale de continuité de la vie ?

Y a-t-il des vies qui, dès la naissance, sont programmées comme des “non-vies” tant les conditions socio-économiques entre les individus sont inégales ? Pour Judith Butler, certaines vies sont plutôt traitées comme des “non-vies”, alors que nous semblons tous “programmés” pour une lutte pour la vie quel que soit notre environnement. 

29 min

A la pointe extrême de la souffrance et de l’injustice humaines se trouve ce que Judith Butler et Frédéric Worms appellent “l’invivable”. Mais comment le définir ? Et comment s’en prémunir et le réparer ? Tel est l’objet de l’ouvrage Le vivable et l’invivable” (PUF), fruit d’un dialogue fécond entre la philosophe américaine, dont les travaux sur le genre, le langage, la violence ou encore le politique sont incontournables depuis les années 1990, et le philosophe français, directeur du département de philosophie de l’ENS. 

Pour Judith Butler et Frédéric Worms, cette différence entre le vivable et l’invivable est le fondement critique d’une pratique contemporaine du soin, pouvant être défini comme ce qui rend la vie humaine vivable, c’est-à-dire « plus que vivante ». Pour comprendre cette distinction, ils observent les pratiques concrètes des humains confrontés à l'invivable, les réfugiés dans le monde contemporain, les témoins et les écrivains des violations du passé.

Musiques :

  • Christine and The Queens, Paradis perdus
  • Laurie Anderson, Superman
  • Jane Birkin, Ces murs épais

Archives : 

  • Archive Ina du 2 avril 1974 (au micro de Jacques Chancel) : Charlotte Delbo répond à la question "est-ce que vous étiez condamnée à vivre ?"
  • Archive Ina du 11 mars 1981 : Emmanuel Levinas revenant sur son livre « Totalité et Autrui » parle de la notion de responsabilité à autrui

Générique Veridis Quo des Daft Punk