Publicité
En savoir plus

pour_La ballade d'Ali Baba_ paru aux éditions Sabine Wespieser

Catherine Mavrikakis
Catherine Mavrikakis
© Sabine Wespieser - Catherine Mavrikakis

Neuf mois après la mort de Vassili, son père, et prise dans une de ces tempêtes de neige qui, durant les mois d’hiver à Montréal, peut vous faire perdre vos repères à quelques mètres de chez vous, Erina entraperçoit une silhouette qu’elle croit reconnaître.

Publicité

Ce père, qui lui manque et que, peut-être, elle-même a manqué, tant son personnage avait, de son vivant, occupé tout l’espace, elle espère bien pouvoir enfin faire la paix avec lui. Et aussi obtenir des réponses à toutes ces questions restées informulées lorsqu’elle était enfant et qu’il les a abandonnées, elle, sa mère et ses deux sœurs.

Croiser ainsi le fantôme de son père n’étonne pas vraiment Erina : universitaire, elle est devenue spécialiste de Hamlet et sait donc que, parfois, le temps peut sortir de ses gonds…surtout lorsqu’il s’agit de Vassili, charmant mythomane qui, de la Grèce à la France, de l’Algérie jusqu’au Canada, a toujours dansé et enchanté sa vie, entraînant ses filles dans ses histoires insensées.

Erina, universitaire à l’aise avec les fantômes du passé, spécialiste de Shakespeare, écrivaine francophone et voyageuse de bibliothèque, ressemble diablement à Catherine Mavrikakis qui met dans la bouche sa belle langue chantournée, charnelle, inventive et métissée.

La ballade d’Ali Baba , parue chez Sabine Wespieser, dresse le portrait d’un père né grec, comme le sien, grandi à Alger puis émigré à New York, comme le sien.

La romancière le peint par petites touches, comme on rassemble les éclats colorés d’un objet brisé.

Après Le Ciel de Bay City , paru en 2009, et les_Derniers jours de Smoky Nelson_ en 2012, Catherine Mavrikakis poursuit son exploration des brumes du passé pour, peut-être bien, ne pas perdre le nord sur les chemins d’aujourd’hui**.**

Catherine Mavrikakis est, ce soir, l’invitée de l’Humeur Vagabonde.

Le reportage de Sarah Masson

Le père est souvent celui qui à tout moment peut disparaître, s’exiler, faire un pas de côté.

J’ai rencontré Jérôme et Nicole , qui m’ont raconté leurs histoires de pères. Des pères attachants, absents, séduisants, apparemment indifférents.

Nicole a 54 ans, elle parle de son père avec délicatesse, elle le trouve aimant et attentionné. Cela n’a pas toujours été le cas… Pendant un certain temps, il s’est effacé, pour laisser place à sa mère, toute-puissante.

Jérôme, lui, a grandi seul, avec son père qui sortait de prison. L’enfance fut solitaire et silencieuse. Aujourd’hui, il tente de recoller les morceaux...

Références

L'équipe

Kathleen Evin
Production
Anne-Sophie Dazard
Collaboration
Djubaka
Programmation musicale
Claire Teisseire
Collaboration
Valérie Ayestaray
Réalisation
Judith Soussan
Collaboration