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Ce soir retrouvez en prime time le premier numéro de "Appel à témoins" sur M6 présenté par Nathalie Renoux ©Maxppp - Vincent Isore
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Résumé

Alors que ce soir sera diffusé en prime time le premier numéro d'«Appel à témoins» sur M6, Sonia Devillers reçoit Nathalie Renoux, présentatrice de ce nouveau programme, et Camille Chaize, porte-parole du ministère de l'Intérieur, associé à l'émission.

avec :

Nathalie Renoux (Journaliste pour M6), Camille Chaize (Commissaire de police, Conseillère du directeur général/Ajointe au SICoP, Service d’Information et de Communication de la Police.).

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En France, des disparitions inexpliquées par milliers, des « cold cases » par centaines, un nombre incalculable d’enquêteurs amateurs réunis par les réseaux sociaux, un appétit intact pour le fait divers qui fait se ruer le public chez les marchands de journaux, en librairie, sur les podcast de récits et les émissions consacrées au crime. Bref, toutes les conditions réunies pour lancer « Appel à témoins » ce soir, sur M6. Vous serez mis à contribution pour faire avancer trois affaires non élucidées. Partenariat entre une chaîne privée, le parquet et la police. A l’heure où le web et la démultiplication des écrans accélèrent et amplifient la circulation de l’information, on se demande pourquoi revenir à la télévision. À l’heure où l’on parle de filmer les procès, la justice se confronte plus que jamais au poids des images et aux questions sur sa médiatisation. "

Extraits de l'entretien :

Sonia Devillers : Racontez-nous le dispositif de ce rendez-vous télévisé ?

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Nathalie Renoux : "Sur le plateau il y a plusieurs espaces et présentateurs, je serai du côté des familles avec Julien Courbet. Un second espace où se trouvera Camille Chaize, accueillera des experts du Ministère de l’intérieur et de la Justice et une call room (pour réceptionner les appels)."

Camille Chaize : "Je serai en compagnie d’une dizaine de policiers et gendarmes venus de toute la France. Notre objectif c’est de relancer les appels à témoin, je serai à leur côté pour exploiter les premiers témoignages."

SD : On va aller droit à la question cruciale, il n’y aura pas d’appel en direct, ce qui pouvait laisser libre court à toutes les dérives possibles en donnant l’idée d’une instruction spectacle.

Nathalie Renoux : "Non, en effet, la call room sera visible mais vous n’entendrez pas ces appels, Camille Chaize nous fera un point régulier mais on garantit l’anonymat aux auditeurs qui téléphoneront."

Camille Chaize : "Tout ce qui va être fait sur M6 ce soir est là pour faire avancer ces affaires, tout est mis en œuvre dans le respect de la procédure pénale. Nous irons vérifier les témoignages à charge ou à décharge comme le font toujours les enquêteurs."

SD : Nathalie Renoux, vous qui brassez du fait divers pour W9, vous êtes souvent confrontée aux réactions des téléspectateurs et vous savez que les communautés pullulent d’enquêteurs amateurs qui peuvent donner lieu à des dérives, à du complotisme, à des fantasmes en tous genres… l’idée est d’éviter ces écueils…

Nathalie Renoux : "Oui et c’est pour cela que l’émission a mis du temps à se construire, il  a fallu aller chercher la collaboration avec les ministères de l’intérieur et de la justice. On voulait que l’émission soit dans les clous pour être véritablement utiles à l’enquête. C’est pour cela que les appels à témoins sont ciblés. "

Une enquête c’est un puzzle, les appels à témoins seront précisément en lien avec les pièces du puzzle manquantes.

SD : Comment fait-on collaborer le parquet, la police et la gendarmerie ?

Camille Chaize : "Et bien on réunit tout le monde. Ce sont les enquêteurs de terrain qui ont fait le lien avec les juges d’instruction et le procureur général, en nous alertant sur ces trois affaires."

SD : À l’époque de Témoin numéro 1 de Jacques Pradel (années 90),  le fantôme que tout le monde fait ressurgir des archives de la télé, la police judiciaire avait mis un point d’honneur à ne pas témoigner.

Camille Chaize : "Aujourd’hui on a réussi à réunir tout le monde et on espère des suites opérationnelles concrètes …"

SD : Le plus délicat ce sont les familles plongées dans une souffrance indescriptible.

Nathalie Renoux : "Cette émission n’aurait pas pu se faire sans le concours des proches. Les familles concernées sont parfois depuis 14 ans en attente de réponses, cette émission représente un espoir mais un espoir modéré, ils ont appris à gérer l’espoir, l’attente…"

SD : Et la médiatisation !  Vous savez les ravages que peuvent provoquer l’exposition de ces affaires sur l’entourage.

Nathalie Renoux : "Bien entendu, mais parfois le simple fait de pouvoir parler d’un mort ou d’un disparu c’est une manière pour ces familles de montrer à ceux qui ne sont plus là qu’on ne les abandonne pas."

Cela joue un rôle cathartique, parler d’un disparu c’est le faire exister à nouveau.

Camille Chaize : 

Les familles savent que l’on ne lâchera jamais, quel que soit la petitesse d’un élément d’enquête, on ira toujours vérifier, pour que la lumière se fasse.

SD : Jusqu’à ce que le couperet tombe, ce qu’on appelle la prescription…il y a un compte à rebours sur ces enquêtes

Camille Chaize : "Oui Sauf qu’un nouvel élément d’enquête peut relancer le délai de prescription grâce au juge d’instruction. Il ne faut pas baisser la garde jusqu’au bout, de nouveaux éléments d’enquête qui surgissent, cela peut délier les langues et changer la donne…"

SD : A l’heure de la démultiplication des écrans et des réseaux sociaux, à l’heure où une alerte enlèvement circule à une vitesse foudroyante… on en revient encore à la tv…

Nathalie Renoux : 

Oui cela montre la puissance de ce média, la télévision est une caisse de résonnance non égalée.

Camille Chaize : Il y a chaque année plusieurs centaine d’appels à témoins diffusés par la police…

SD : Vous voulez bien nous préciser les modalités de ce dispositif ?

Camille Chaize : "C’est le procureur de la République qui décide de l’ampleur de la diffusion d’un appel à témoins, il peut être diffusé au niveau départemental ou national. La télévision offre un spectre plus large. Parfois, un seul nouvel élément d’enquête peut relancer des analyses et tout changer."

Nathalie Renoux : "On relance un appel à témoin sur ce que l’on appelle des cold clase (affaires classées) on a envie de réactiver les mémoires de réinterroger les gens qui peut-être n’ont pas osé témoigner à l’époque des faits."

SD : Il y a deux types d’affaires : des personnes portées disparues que l’on cherche désespérément et des meurtres, ce sont deux registres très différents.

Camille Chaize : "Oui, ce sont toutes des « affaires non élucidées » mais pour les familles c’est totalement différent.  Le point commun c’est la précision des appels à témoins lancés ce soir."

SD : A l’époque de Témoin numéro 1 de Pradel, il  y a eu de nombreuses controverses, il dit s’en est pris « plein la gueule »… l’idée était que l’on demandait aux Français d’être des délateurs…

Camille Chaize :

On ne demande pas aux Français de dénoncer qui que ce soit, on leur demande si ils ont vu ou entendu quelque chose…

La suite à écouter

Aller plus loin :

Pour témoigner sur une des affaires composez le  0800 10 11 21  (appel non surtaxé) ou envoyez un mail à l’adresse suivante : appelatemoinsm6@interieur.gouv.fr

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