Des ados témoignent de leur addiction au cannabis
Des ados témoignent de leur addiction au cannabis
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Des ados témoignent de leur addiction au cannabis ©Getty - PYMCA/Universal Images
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Résumé

Dans le documentaire "Jeunesse en fumée", réalisé par Andrea Rawlins-Gaston et diffusé ce soir sur France 2, des adolescents témoignent des effets négatifs de leur consommation de cannabis.

avec :

Andrea Rawlins (Journaliste).

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Le cannabis fait des ravages chez les jeunes. Les ados français fument beaucoup plus que chez nos voisins européens.  Le cerveau est en croissance jusqu’à l’âge de 25 ans. 

Les trafiquants de drogue ont multiplié par 15 la dose de THC dans les joints, augmentant d’autant les risques d’altération du quotient intellectuel, d’addiction, d’isolement, de dépression et d’épisodes psychotiques. 

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La situation se révèle très très grave. La télé peut-elle nous raconter cela sans sirènes de flics, dealers au visage flouté, jeunes encapuchés au pied des cités ? Sans voix off qui nous disent « Et là, c’est le drame » ? Sans musique anxiogène et polémiques à n’en plus finir dans les semaines qui viennent ? Vous allez voir que oui. La caméra peut aussi être un outil d’empathie.   

► Le documentaire "Jeunesse en fumée" sera diffusé ce soir à 22h50 sur France 2

Extraits de l'entretien avec Andrea Rawlins-Gaston

"La chance qu'on a quand on on a la chance de travailler sur le long terme, dans la nuance, jamais dans le manichéisme. [Le cannabis, ] c'est pas aussi binaire que ça. Le point de départ, c'est de passer des mois et des mois avec des jeunes ados qui fument et qui m'expliquent pourquoi c'est cool de fumer et pourquoi, tout d'un coup, on bascule dans une dépendance - pas tous, heureusement. Mais ce que raconte ce film, c'est que le produit a changé, ce qui fait que le produit est beaucoup plus addictif, beaucoup plus puissant. Il anesthésie vachement plus et surtout, les producteurs de cannabis ont croisé les variétés pour faire un produit de plus en plus fort. 

Ce n'est plus du tout la drogue douce que nous, peut-être parents, on a pu fumer dans les années 1990, qui était un truc un peu planant. 

Juste pour vous donner une idée, les taux de THC (la substance psychoactive dans le cannabis) étaient aux alentours de 1,5% dans les années 1990. Aujourd'hui, c'est 15% pour l'herbe et 25% pour la résine. Donc, le produit est dix fois plus fort, il anesthésie dix fois plus. Et surtout, ce THC, c'est ce qui crée de l'addiction ou de la dépendance".

"Ça touche tous les gamins, quels que soient leurs milieux sociaux, quels que soient leurs parents. Et ce n'est pas parce qu'ils ont des parents défaillants ou dysfonctionnels qu'ils commencent à fumer". 

"En fait, la bascule se fait au moment du premier "soper" (du premier joint perso, seul) […] dès que ça commence à anesthésier une douleur, un stress, une angoisse (et Dieu sait que quand on est adolescent, surtout dans la période qu'on vit actuellement, c'est prégnant), quand ça commence à anesthésier quelque chose, c'est dangereux. On bascule. Et c'est ce que raconte tous ces jeunes". 

"En fait, le cannabis vient remplir des trous. Joanna en parle très bien : c'est à la fois son meilleur antidépresseur et en même temps, ce qui est "en train de lui perforer le cœur et le corps" (je la cite) et elle dit :

Je suis persuadée que si je n'avais pas commencé à fumer du cannabis, je n'aurais pas sombré dans cette dépression. 

Références

L'équipe

Sonia Devillers
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Production
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