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Céline Calvez en juin 2020 ©AFP - JOEL SAGET
Céline Calvez en juin 2020 ©AFP - JOEL SAGET
Céline Calvez en juin 2020 ©AFP - JOEL SAGET
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Résumé

Céline Calvez, députée LREM et membre de la Commission des affaires culturelles à l'Assemblée nationale, dénonce la sous-représentation chronique des femmes dans les médias. Pour elle, le changement doit en partie venir des pouvoir publics.

avec :

Céline Calvez (Députée LREM des Hauts-de Seine).

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Plus de femmes dans les médias, la bataille n’est pas nouvelle mais elle est plus complexe qu’elle n’en a l’air. La quête relève du quantitatif, d’abord. Il faut compter les femmes et compter le temps de parole qu’on leur accorde.

Mais il faudrait aussi, l’affaire n’est pas seulement numéraire, se demander quelles femmes sont médiatisées, dans quelle posture et sur quel sujet.

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Enfin, une fois réglée – et on en est loin – la question de la représentativité, il s’agit de se confronter au réel, à la société française de 2021, à la présence effective des femmes dans les différents secteurs d’activité, à leur propension à prendre la parole, à se mettre en avant, à se sentir légitime. 

La question est donc de savoir si les médias doivent refléter la France telle qu’elle est ou telle qu’elle devrait être. 

Compter pour prendre conscience

La première démarche de Céline Calvez a été de compter les femmes au micro à la radio : "C'est un préalable pour la prise de conscience, explique la députée. Et à partir du moment où vous avez appris à compter, ça devient un réflexe et ça vous saute aux yeux quand il y a de l'absence."

L'idée n'est pas d'imposer des quotas poursuit Céline Calvez, mais de mettre en place des mécanismes incitatifs : "Les pouvoirs publics peuvent financer davantage des médias qui mettent en place des chartes, qui ont des bonnes pratiques de mise en relation de leurs journalistes avec des expertes. Je pense que c'est aux pouvoirs publics de le faire parce que ça ne peut pas reposer que sur les médias. Les pouvoirs publics doivent faire tout ce qui peut être en leur pouvoir pour accompagner les progrès sociétaux, celui ci étant majeur."

Visibles, mais muette

L'INA a développé un outil qui permet de repérer quand c'est une femme ou un homme qui parle. Après avoir passé au crible des milliers d'heures de programmes, INA Speech Segmenter a révélé que les femmes sont visibles, sont présentes, mais parlent beaucoup moins.

"Cet outil développé par l'INA et donc par un financement public, il faut aussi pouvoir le mettre à profit sur une utilisation plus large et plus constante explique Céline Calvez. Aujourd'hui, ça fait un baromètre annuel avec des remontées sur la répartition et la place des expertes dans les émissions audiovisuelles. Bien, on devrait le faire beaucoup plus souvent.

Donc, les pouvoirs publics doivent aider, les médias doivent s'emparer. Et puis, chaque femme, chaque homme aussi a des questions à se poser par rapport à sa pratique médiatique, qu'il soit auditeur ou spectateur."

Références

L'équipe

Sonia Devillers
Sonia Devillers
Sonia Devillers
Production
Anna Finot
Stagiaire
Anne-Cécile Perrin
Collaboration
Redwane Telha
Collaboration