Bruno Solo en 2021
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Bruno Solo en 2021 ©AFP - FRANCOIS LO PRESTI
Bruno Solo en 2021 ©AFP - FRANCOIS LO PRESTI
Bruno Solo en 2021 ©AFP - FRANCOIS LO PRESTI
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Passionné d'histoire et conteur ludique, Bruno Solo retrace une partie du règne de Louis XV dans la 5ème saison du docu-fiction, la Guerre des trônes sur France 5. Le comédien vient aussi parler de son livre « Les visiteurs d’histoire », des portraits vivants de figures historiques.

Avec

10 juillet 1969. Premier numéro « d’Alain Decaux raconte » sur la deuxième chaîne de l’ORTF. Depuis, l’histoire s’est invitée à la table des Français.

L’histoire et une certaine façon de la narrer

Longtemps confinée dans les livres, ce qui n’était qu’une matière à l’école devient un objet culturel et ludique.

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Elle est parfois malmenée. Parfois contestée.

Elle demeure à l’origine de formats médias qui fascinent et attirent des millions de téléspectateurs : grands documentaires, séries et… docu-fictions !

Ce soir, la 5ème saison du docu-fiction la Guerre des trônes s’achève sur France 5. Deux épisodes pour retracer une partie du règne de Louis XV avec des reconstitutions très précises, des événements, des phrases qui ont généré un récit national.

19 min

Et avec un passeur.

Un passionné dont l’art oratoire permet d’appréhender avec une bonne dose de plaisir et d’humour l’action des grandes dynasties européennes.

Bruno Solo est l’invité de l’Instant M, conteur de notre passé, et sans doute d’une partie de notre présent…  

Extraits de l'entretien

La Guerre des trônes est un succès d'audience avec en moyenne plus d'un million de téléspectateurs pour chaque épisode.

Un précurseur : Alain Decaux

Bruno Solo : "Je ne suis pas un homme du passé, mais je crois, et c'est une phrase bien connue, que notre passé éclaire notre présent. Alain Decaux résume tout en disant avec sa voix et sa bienveillance naturelles : 

"Il y a plusieurs sortes d'histoires, comme il y a plusieurs sortes de télévision. Il y a évidemment l'histoire qui étudie les mouvements des peuples et des civilisations. Il y a la télévision, qui utilise les très grands moyens des grands studios, de nombreuses distributions. Il y a aussi les histoires qui racontent des histoires et la télévision qui se borne à un seul acteur, c'est à dire l'ami qui raconte des histoires à ses amis."

En 1969, quand il dit ça, j'avais cinq ans. Et c'est l'un des premiers qui va compter dans mon éveil à la matière historique, avec mon père et un professeur d'histoire. 

Il m'a fait comprendre que l'histoire, c'était des histoires et que pour bien la comprendre, il fallait bien la conter. 

Qu'elle humilité de la part de cet historien, de se dire juste "conteur". Je trouve sa parole d'une délicatesse, d'une poésie, et d'une beauté extraordinaire. 

Moi, je ne suis qu'un un passeur : je n'ai pas de diplôme, je ne suis pas historien, et je ne suis pas chercheur. Mais je suis féru d'histoire. Et je lis et m'appuie sur des travaux d'historiens. 

Des débuts de l'émission à aujourd'hui

La première année de l'émission _La Guerre des trône_s sur France 5, j'étais un peu anachronique. Les spectateurs se demandaient qui j'étais Mais petit à petit grâce aux interviews et à ma passion visible pour l'histoire, j'ai gagné, si ce n'est de la légitimité, une sorte d'intérêt. Et nul ne conteste mon appétence pour comprendre le passé.

Le Moyen-Âge est une période de faussaires et d'escrocs en matière de raconteur d'histoires ! C'est pourquoi, pour en parler, il faut s'appuyer sur les chercheurs d'aujourd'hui. Plus on se rapproche de nous dans le temps, plus on a des témoignages précis, des écrits, plus sûrs basés sur les faits. 

J'ai évolué. Au début, j'étais au service un peu solennel d'une Histoire qui, si elle ne m'écrasait pas, en tout cas, elle m'impressionnait. Et je me disais que face à elle, ce n'était pas le moment de venir faire le guignol. Petit à petit, je me suis senti plus à l'aise avec l'objet historique et j'y ai mis de mon humeur.  

Les reconstitutions aussi ont changé. Les deux premières années on jouait sur les ressemblances, avec des comédiens plus ou moins inspirés. Mais plus les années ont avancé, plus on s'est attaché à avoir de véritables vrais acteurs dignes de ce nom : Boris Terral, Marie-Christine Adam, Maxime d'Aboville… C'était important. En tant que comédien, j'avais aussi envie de sentir que l'histoire était servie par des gens qui savaient la raconter et l'interpréter. 

Raconter l'histoire

Pour raconter l'Histoire, il faut trouver l'équilibre entre les moments graves où il faut être très pédagogue, très, très didactique et bien expliquer les choses pour que les gens comprennent et retiennent les dates, les événements, les batailles, ou les noms des souverains, et ceux où l'on peut se permettre un peu plus de fantaisie.

Lorsqu'on évoque Pierre Mendès-France dans l'émission, je suis au service d'un texte d'un scénario écrit par Laurent Heynemann, tiré d'un roman de Bredin. Je suis totalement au service du personnage et auparavant, je m'informe beaucoup sur lui. Là, je suis un passeur. J'alterne entre la comédie et le professeur bienveillant, veut transmettre sa passion. Ce n'est pas tout à fait pareil. 

C'est vrai que l'histoire ne s'intéresse pas toujours au peuple. J'essaye de le faire dans la limite du cahier des charges de l'émission qui est de raconter comment l'Europe s'est constituée. Mais cela existe à la télévision sur Arte, ou la chaine Histoire…

L'importance de la transmission

La transmission est essentielle. Elle permet non pas de guider les gens, mais de les éclairer et de leur laisser le choix. Si on ne parle que de Louis XIV, de Louis XV, d'Aliénor d'Aquitaine, ou de Madame de Pompadour, etc. On a une vision un peu étriquée de l'histoire. Mais en parlant d'eux, on donne aussi la possibilité à des personnes d'aller plus loin, de chercher, et fouiller. 

Les professeurs d'histoire qui m'ont passionné, étaient ceux qui prenaient le manuel, et qui, au bout de dix pages, le fermaient. Et nous disaient comment ils voyaient les choses. C'est très subjectif. L'objectivité n'a pas de sens que pour les faits. 

Sortir des écrans

Les sont gens plongés dans les réseaux sociaux. Souvent, ils zappent, passent d'une info à une autre. Il faudrait que les personnes pensent à sortir des écrans pour lire et réfléchir.", une certai