Quel avenir pour l'audiovisuel public ?
Quel avenir pour l'audiovisuel public ?
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Quel avenir pour l'audiovisuel public ? ©Getty - broadcastertr
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Résumé

Les trois journalistes Olivier Ubertalli, Richard Sénégoux et Sandrine Cassini passent au crible les futurs chantiers de l'audiovisuel français.

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Passation de pouvoir entre Roselyne Bachelot-Narquin et Rima Abdul Malak, conseillère à l’Elysée depuis 2019. La nouvelle ministre de la Culture (et pas de la Culture et de la communication !) pilotait déjà les dossiers clés auprès du président. Continuité, efficacité. On est très loin d’une éditrice inexpérimentée face aux choses de l’Etat, comme Françoise Nyssen, choisie au début du premier mandat. Ce matin, l’Instant M passe en revue tous les sujets qui lui tiennent à cœur : l’avenir de la presse, de la télévision française, de la radio, de l’information en général, du service public et de la création audiovisuelle. Bilan et perspective. Quels chantiers ont abouti durant le premier quinquennat ? Quels sont ceux qui s’ouvrent désormais ?  On en débat, ce matin, avec les confrères du Monde, du Point et de Télérama.

Quel avenir pour l’audiovisuel public ?

Ce que l'on attendait durant ce premier quinquennat n'est pas forcément arrivé

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Olivier Ubertalli, Richard Sénégoux et Sandrine Cassini soulignent que lors du premier quinquennat Macron, une grande loi sur l'audiovisuel public pour faire des économies avait été annoncé.

Pour eux, le rapport d'Emmanuel Macron vis-à-vis de l'audiovisuel en général et particulièrement de l'audiovisuel public est assez conflictuel. Dès son premier mandat, les relations entre l’exécutif et l’audiovisuel public étaient difficiles.

Sandrine Cassini affirme que le président lors de son premier mandat parlait notamment de « la télé de la honte. »

Voici quelques exemples de faits donnés par les trois journalistes.

  • Le projet de rassembler la télévision, la radio et l’audiovisuel public sous une même entité, pour faire des économies
  • L’existence d’un grand chantier de fusion entre France Bleu et France 3, pour créer un pôle de télévisions et de radios de la proximité.
  • Gérald Darmanin a réussi à baisser d’un euro la redevance télévisuelle. Elle est passée de 139 € à 138 €.

La grande réforme a été étudiée de très près, puis finalement abandonnée.

Olivier Ubertalli, Richard Sénégoux et Sandrine Cassini expliquent que, même si l’exécutif désirait modifier grandement l’audiovisuel public entre 2017 et 2022, ça n’a pas été possible. Selon eux, l’actualité a régulièrement interrompu l’idée de cette grande réforme. Notamment la crise des Gilets jaunes, et la crise de la Covid-19.

Pour Olivier Ubertalli, le relai médiatique de la parole des Gilets jaunes a pu être mal perçu par l’exécutif, mais à l’inverse, la crise sanitaire a prouvé la nécessité de l’audiovisuel public pour les Français. « Les auditeurs ont su apprécier l’utilité de ces médias, ainsi que leur savoir-faire. »

Sandrine Cassini : « Finalement, en regardant ces faits, on se rend compte que la Covid a été moins néfaste pour l’audiovisuel public qu’on pourrait le penser. »

En effet pour les journalistes, les Français montrent énormément leur soutien à l’audiovisuel-public. L’exécutif sait pertinemment qu’une aussi grande réforme que celle prévue lors du premier mandat d’Emmanuel Macron, serait mal accueillie.

Les trois journalistes expliquent qu’actuellement, pour le deuxième mandat d’Emmanuel Macron, le projet a été modifié. L’objectif est maintenant de supprimer la redevance télévisuelle dès 2022, pour augmenter le pouvoir d’achat des ménages.

Actuellement, 23 000 000 foyers sont redevables de cette taxe à la hauteur de 138 € par an. Sa particularité est qu’elle est un impôt pérenne, isolé, et réservé à l'audiovisuel public.

Pour les trois journalistes, ce qui change avec sa suppression, c’est que le budget de l’audiovisuel public va être assimilé au budget général de l’Etat, comme pour n’importe quelle institution publique. À ce titre, l’audiovisuel public se verra attribuer chaque année un budget. Par rapport à cela, ils craignent que l’indépendance de l’audiovisuel public soit menacée.

Les craintes, c'est que l’on sait que c'est difficile de graver dans le marbre un budget.

« Imaginez la patronne de France Télévisions, qui espère que tout le budget reste stable. Le risque est que peut-être que quelque chose aurait déplu sur quelques antennes et que cela diminue le budget alloué. »

Invités

  • Olivier Ubertalli, Le Point
  • Richard Sénégoux, Télérama
  • Sandrine Cassini, Le Monde
Références

L'équipe

Sonia Devillers
Sonia Devillers
Sonia Devillers
Production
Redwane Telha
Collaboration
Anne-Cécile Perrin
Collaboration
Anna Finot
Stagiaire