vidéo
Extrait de la couverture du nouveau "Métal Hurlant"
Extrait de la couverture du nouveau "Métal Hurlant"
Extrait de la couverture du nouveau "Métal Hurlant"
Publicité
Résumé

Le magazine spécialisé dans la bande dessinée de science-fiction renaît, plus de quinze ans après sa dernière édition. Vincent Bernière, directeur de la rédaction, détaille les raisons qui l'ont poussé à ressusciter le titre culte, et les projets à venir.

avec :

Vincent Bernière (auteur et éditeur BD).

En savoir plus

La gouaille de Philippe Manœuvre, critique de rock’n roll, qui avait rejoint sans crier gare les frappadingues de "Métal Hurlant". On ne mesure plus aujourd’hui ce qu’a été ce canard. Le refuge de grands talents qui voulaient muer en toute liberté, une pépinière de jeunes prodiges qui allaient devenir des signatures confirmées de la bande dessinée. Un journal qui écrivait son époque en la dézinguant le plus souvent et qui dessinait le futur en y projetant tour à tour son impatience, son spleen, sa poésie et son flippe.

"Métal Hurlant", 1975-1987, histoire d’une comète qui retraversa brièvement nos kiosques à journaux au début des années 2000. 

Publicité

Métal Hurlant revient en 2021, publiant 300 pages de science-fiction : dans un monde post-vérité et post-covid où le réel s’avère souvent plus hurlant que la fiction.

Extraits de l'entretien avec Vincent Bernière, directeur de la rédaction du nouveau Métal Hurlant

Dans une archive, Jean-Pierre Dionnet raconte les débuts de Métal hurlant  : 

"Il y avait Giraud (Blueberry) qui voulait devenir un dessinateur incognito sous le nom de Moebius et repartir à zéro. Il y avait Druillet qui voulait faire de la science-fiction mais rencontrait des problèmes pour publier ses histoires de SF jugées trop violentes pour Pilote. Moi, je m’étais carrément fait jeter de Pilote : on me reprochait de ne vouloir faire que du fantastique, et de la science-fiction…" 

On faisait partie de ces gens qui avaient acheté les livres de SF des années 1950 parus au Fleuve noir, et nous nous demandions pourquoi cela ne marchait pas.

Que sont devenus les fondateurs de Métal Hurlant ? 

Vincent Bernière : "Moebius est décédé il y a neuf ans. Philippe Druillet, est toujours quelque part dans son atelier, où il fait de la peinture, de la sculpture, mais plus de bande dessinée. Jean-Pierre Dionnet reste fidèle à lui-même : exubérant, génial, érudit, super raconteur d'histoires. C’est vrai que Dionnet s’est fait jeter de Pilote, mais après avoir été publié dans le journal, et Moebius existait depuis 1962."

Métal hurlant est né du "Mai 1968" de la BD.

VB : "Après Mai 1968, il y a eu une sorte de coup d'État dans le milieu de la bande dessinée. Des auteurs de bande dessinée de la nouvelle génération ont pris René Goscinny, le rédacteur en chef de Pilote, à part. Ils lui ont sorti ses quatre vérités. Goscinny l’a très mal pris. Jean Giraud l’a d’ailleurs regretté plus tard. 

Pilote était donc plutôt un journal pour les enfants. La bande dessinée n'était pas encore devenue adulte. 

Les Humanoïdes Associés, les éditeurs de Métal hurlant, c'était : Bernard Farkas à l'administration, Jean-Pierre Dionnet, Druillet et Moebius.. A la même époque, Claire Bretécher, Nikita Mandryka, et Gotlib, vont créer L'Écho des savanes et ensuite fonder Fluide Glacial. C'était vraiment une période médiatiquement hyper effervescente.

Métal hurlant était une véritable auberge espagnole, une communauté de personnes qui se ressemblaient, qui avait une même une vision et qui appartenaient au même esprit contre-culturel. 

Métal Hurlant maintenu grâce à… l’Humour

Vincent Bernière : 

A l’époque, on publiait 500 albums de BD par an, aujourd’hui 7 000. On n’était pas dans le même monde. On publiait d’abord dans les journaux, qui étaient des terrains d’essai avant publication de livres.

Ils n’ont pas gagné beaucoup d’argent avec Métal Hurlant. Le journal a mis du temps à décoller. Et il n’a jamais vraiment été beaucoup vendu. Ils se sont maintenus grâce à un auteur qui ne faisait pas de la SF, mais de l’humour : Franck Margerin."

Une revue qui a influencé Hollywood 

VB : "Il est certain que cette revue a grandement influencé le cinéma hollywoodien de science-fiction. Les cinéastes américains, et surtout leurs assistants, ont une bibliothèque de documentation visuelle.

Et ils ne se sont pas privés de piller Métal hurlant pour leurs films. Ridley Scott lui-même le dit. Lorsque le journal paraissait : il l’achetait et quand il y avait des planches de Moebius, il regardait chaque case pendant de longues minutes, chaque décor, chaque vaisseau, chaque environnement urbain…"

La suite est à écouter...

Références

L'équipe

Sonia Devillers
Sonia Devillers
Sonia Devillers
Production
Anna Finot
Stagiaire
Anne-Cécile Perrin
Collaboration
Redwane Telha
Collaboration