vidéo
À Hong Kong, la presse muselée ©Getty - getty
À Hong Kong, la presse muselée ©Getty - getty
À Hong Kong, la presse muselée ©Getty - getty
Publicité
Résumé

Depuis 2020, on enregistre un nombre croissant de journalistes arrêtés à Hong Kong. Pierre Haski, président de RSF et Chloé Froissart, professeur à l'Inalco, viennent parler de la détérioration de la liberté de la presse à Hong Kong, autrefois modèle.

avec :

Pierre Haski.

En savoir plus

À Hong-Kong, on éteint la lumière, a confié d’un ton définitif Pierre Haski, la voix de la géopolitique sur France Inter. Hong Kong, longtemps considérée comme un bastion de la liberté de la presse. Hong Kong sur laquelle s’abat une terreur sans précédent. La Chine a repris l’île en main et s’en prend aux journalistes. Les médias tremblent et ferment les uns après les autres.

Retour sur l’escalade spectaculaire de ces dernières semaines ou comment le géant chinois a littéralement asphyxié les télés, radios, journaux et sites d’information hongkongais. Le dernier rapport de RSF de Reporters sans frontières rappelle que la Chine est une prison de journalistes à ciel ouvert. Point final à la démocratie locale.

Publicité

"Strand News", "Citizen News"… Une reprise en main des médias

Pierre Haski : "Citizen News" a décidé de se saborder parce qu'il estimait que les conditions n'étaient plus remplies pour exercer leur métier librement. Deux jours avant, il y avait la fermeture, autoritaire avec une descente de 200 policiers au siège de "StandNews", un autre média indépendant en ligne de Hong-Kong, formé par d'anciens journalistes d'une émission d'investigation hongkongaise.

"Citizen News" a estimé que le climat se refermait complètement et que pour protéger leurs salariés et leurs libertés, il fallait arrêter de travailler

Ça s'est produit une première fois il y a quelques mois avec "Apple Daily", un quotidien hongkongais qui a aujourd'hui fermé, dont le patron Jimmy Lai est en prison. Ça a commencé par la saisie de ses comptes, un harcèlement judiciaire sous différents prétextes, puis ensuite la mesure d'interdiction. Pour l'arrêter, on l'a enchaîné. Il va certainement mourir en prison. Il est aujourd'hui emprisonné pour des peines courtes, mais on lui rajoute des peines courtes les unes après les autres. La dernière est d'avoir commémoré la répression de la place Tiananmen".

Un alignement du système politique de Hong Kong sur la Chine

Chloé Frossard : "Cela intervient vient après la disparition d'un certain nombre d'organisations de la société civile, d'une réforme du système électoral hongkongais qui a permis à Pékin de verrouiller le système électoral pour faire en sorte que uniquement des personnes loyales à Pékin puissent être élues. Ces élections ont été boudées par la plupart de la population hong kongaise (30 % de participation)".

La question de la présence des journalistes étrangers à Hong Kong

PH : "il y a une une diminution drastique du nombre de correspondants étrangers parce que les correspondants américains, britanniques et australiens ont été expulsés. "Le New York Times" a décidé de partir s'installer en Corée, à Séoul. Il y a un redéploiement de ces correspondants qui ne peuvent plus opérer à partir de Pékin et qui se sentent en insécurité à Hong Kong.

L'Association des correspondants étrangers à Hong Kong, qui a une branche spécifique, a émis plusieurs fois des signaux d'alarme et d'inquiétude par rapport à la capacité à poursuivre le travail. La Loi sur la sécurité nationale qui  votée et adoptée par le Parlement chinois l'année dernière est extrêmement puissante tant elle pratique aussi l'extraterritorialité. "Le Wall Street Journal" a reçu par exemple une lettre du gouvernement hongkongais lui disant que son éditorial, qui critiquait ce qui se passait dans les médias à Hongkong, pouvait être passible de la Loi sur la sécurité nationale".

Quid de la loi sur la sécurité nationale de Hong Kong

CF : "Une loi dont le contenu a été gardé confidentiel jusqu'à la dernière minute. Elle fixe quatre types de crime : subversion, séparatisme, terrorisme et collusion avec des forces extérieures. C'est cette loi qui s'abat aujourd'hui sur les médias hong kongais, et qui terrorise les journalistes.

Une loi qui a permis l'instauration d'un état d'exception permanent à Hong Kong, la création de nouvelles institutions sous l'égide de Pékin

En même temps que la création d'une véritable agence de renseignement au sein de la police et au sein de la justice. Des juges ont été nommés pour instruire les dossiers de personnes condamnées sous le coup de cette loi sur la sécurité nationale qui, par ailleurs, prévoit des peines qui peuvent aller jusqu'à la prison à vie".

Un État où l'État de droit a été redéfini comme un État sécuritaire. Toutes les voix critiques sont aujourd'hui sommées de se taire

▶︎ La suite à écouter…

Références

L'équipe

Sonia Devillers
Sonia Devillers
Sonia Devillers
Production
Anne-Cécile Perrin
Collaboration
Redwane Telha
Collaboration