vidéo
Elisabeth Quin à Cannes en 2019 ©Maxppp - Fred Dugit
Publicité
Résumé

Élisabeth Quin, présente l'émission 28 minutes sur Arte depuis 10 ans. Elle est au micro de l’Instant M.

avec :

Élisabeth Quin.

En savoir plus

« 28 minutes », est né un 9 janvier 2012, sur l’antenne d’Arte et ne l’a plus quitté.

Elisabeth Quin, critique de cinéma, réputée pour son verbe haut et son œil tranchant, sa coupe à la garçonne et ses légendaires boucles d’oreilles, est choisie pour incarner – un mot qui fâche sur Arte – cet anti-JT de 20H à la programmation réellement exigeante : écrivains, chercheurs, scientifiques, grands reporters … Souvent, on ne les voit pas ailleurs. Ici, tout est produit et séquencé au millimètre près.

Publicité

Pas d’ébullition. De l’ordre et du rythme. Même si l’émission a, depuis longtemps, débordé sa durée initiale, il s’agit de faire entrer beaucoup en peu de temps. Le rythme, à la télévision, est une science. Depuis 10 ans, l’info, les écrans, la nature des images et notre rapport au temps ont pas mal changé. « 28 minutes » est resté.

Un titre malin et prémonitoire

Sonia Devillers : Aujourd'hui que nous sommes assaillis de propositions, de textes, d'images, de vidéos, avec un temps qui ne fait que s'accélérer, il n'est pas un article qui ne nous soit proposé avec sa durée de lecture en dessous, pas une vidéo qui ne nous soit proposée au visionnage avec sa durée de lecture en haut.

Elisabeth Quin : L'honnêteté m'oblige à vous dire que nous avons nommé cette émission 28 minutes par manque absolu d'imagination. Au bout de quelques brainstorming épuisants, d'où ressortaient les uns et les autres dans des états de loque total, il a été convenu qu'elle durait 28 minutes alors pourquoi ne pas l'appeler 28 minute

Sur le coup, c'était vraiment par absence d'imagination. C'est compliqué de nommer une émission. D'autant que quand on la démarre, on ne sait pas que au fil du temps, ce nom deviendra pertinent et deviendra peut être même une marque.

Le secret de la longévité

EQ : Nous ne sommes pas un talk-show, nous sommes un magazine d'actualité. J'élimine donc instantanément cet anglicisme que d'autres revendiquent, revendiqueront ou revendiquaient. Formidable. C'est leur droit, c'est leur choix. On ne se vit vraiment pas comme un talk-show dans le talk-show. Il y a quelque chose effectivement d'une sorte d'effervescence fabriquée et d'une rapidité, il faut que ça s'agite. Ce n'est pas le principe de l'émission.

Ce magazine d'actualité n'est pas un talk-show. Si je vous dis que c'est plus un refuge, vous allez me dire on n'est pas la montagne cocotte

Mais vraiment on le vit, à mesure qu'on le fait et à mesure que les années passent comme une sorte de refuge, par rapport précisément à cette accélération de la parole, à cette brutalisation, cette hystérisation, et aussi, par rapport à la fragmentation de l'attention de nous tous, nous sommes tous touchés par ce phénomène.

Nous voulons que les gens aient le temps de s'exprimer et qu'ils aient donc la possibilité d'être entendus dans une forme de durée. Les interviews des invités dans la première partie durent douze minutes. C'est long à la télévision, mais c'est Arte donc c'est un peu plus que la télévision. Et les débats durent 20 minutes et c'est long aussi à la télévision quand vous avez seulement deux ou trois personnes qui parlent de manière courtoise et attentive - et ce n'est pas une image : vraiment attentives à la parole de l'autre pour pouvoir débattre.

Le choix de ne plus recevoir d'invités politiques, le succès de l'émission, les réseaux sociaux, c'est à écouter dans l'intégrale de l'émission

Références

L'équipe

Sonia Devillers
Sonia Devillers
Sonia Devillers
Production
Redwane Telha
Collaboration
Anne-Cécile Perrin
Collaboration