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Rixes - StreetProd
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Résumé

La vie d'Adama Camara a basculé à cause des guerres de cités. Il raconte son histoire dans "Rixes", une série documentaire de Mathieu Bidan, produite par StreetPress pour France TV Slash.

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Essayez de vous souvenir de la dernière fois où vous avez entendu ou lu le mot « rixe », au JT, ou en lisant la presse. Il y a des chances pour que vous soyez incapables de dire si c’était hier, la semaine dernière ou il y a un mois. Et tout autant de chances qu’il vous soit impossible de savoir avec certitude si les violences ont blessé ou tué un jeune, deux ou trois. De 12, de 17 ou 22 ans. Ni où ces violences ont eu lieu. Ce mot « rixe » est devenue une ponctuation, une litanie rythmée par le phénomène de règlements de comptes entre bandes. Mais ce mot ne suffit pas à dire qu’il se passe après, dans les quartiers et surtout dans les familles endeuillées, quand les caméras s’en vont…

Adama Camara, a partagé son histoire, son vécu à Street Press en novembre 2018, quelques mois à peine après sa sortie de prison.

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"Rixes", ce documentaire très éprouvant et très éclairant diffusé sur France TV Slash, série en six épisodes courts, très denses, très forts. Une production StreetPress, un site d'information gratuit, d'enquête et de culture urbaine. Le sujet à la une : l'enseignement dans les prisons en période de crise sanitaire. 

74 bandes ont été recensées sur le territoire français en 2020, 357 rixes l'an dernier (ministère de l'Intérieur). Des rixes qui ne naissent pas toujours d'une rivalité entre quartiers mais parfois d'un désir de vengeance…

Des affrontements dévastateurs souvent considérés comme de simples faits-divers 

Alors qu'un fait divers est un événement sans portée générale qui appartient à la vie quotidienne. Un mot qui permet de prendre la mesure du phénomène et surtout de dire qu'il s'agit d'un fait social qui obéit à un système avec des mécanismes qui sont à l'œuvre et un schéma ?

Mathieu Bidan, journaliste de la rédaction de StreetPress : "Ce qui nous intéresse, c'est de raconter ces vies brisées, ces hommes et ces femmes qui vivent avec ces rixes. De raconter aussi ce qui se passe après, puisque ces rixes marquent durablement les quartiers. Ce sont tout à la fois des histoires, des familles qui, au fil des années, se retrouvent seules, ce sont des jeunes qui sont blessés., tout cela entraine souvent un trauma psychologique.

On a voulu raconter ce qu'on ne voit pas, ce qui est invisible dans le cadre des rixes (…) ce qu'en disent les principaux concernés

C'est pourquoi on n'a pas jugé utile d'y intégrer la parole d'un expert, on voulait humaniser des gens qui ne le sont malheureusement pas assez souvent. On parle de gens dans des quartiers, souvent des personnes noires, des personnes arabes, des personnes qui, dans les médias, sont coupées de leur identité". 

En mettant leur parole en avant, on pense qu'on a réussi à les mettre en valeur et à exprimer leurs émotions pour que les gens qui ne vivent pas cette réalité se mettent aussi à leur place

Adama Camarade  : de témoin, à la rencontre d'auteurs et de victimes de violence

Adama Camarade : "Lorsque j'ai pris la parole, c'était pour raconter mon histoire puis sensibiliser un maximum de jeunes. Ça n'arrive pas qu'aux autres malheureusement les rixes.

C'est un mauvais héritage qu'on reçoit des anciens, que nous-mêmes traversons puis nos petits frères, les plus jeunes après nous

Lorsque j'ai pris la parole, tout a été tellement vite. J'ai reçu énormément de messages, des personnes se sont reconnues à travers mon histoire, que ce soit des parents, des jeunes aussi, qui m'ont remercié d'avoir pris la parole. La vidéo les a aidés à avancer

Des comme moi, il y en a énormément dans toute la France. On s'est dit pourquoi pas aller voir ces familles-là, voir ce qui se passe après. 

On voit toujours ce qui se passe à l'instant T quand les médias traitent le sujet. Mais on oublie que ce sont des familles brisées. Il y a l'après…

Ce n'est pas toujours facile, même quand on a vécu tout ça, parce qu'on prend d'abord contact avec les familles. Je suis maintenant militant associatif depuis ma libération.

On prend le soin de s'installer avec eux, de discuter, et de passer énormément de temps ensemble. On est comme des psychologues venus recueillir leurs témoignages 

Une spirale infernale 

Mathieu Bidan : "Il y a des gamins qui se haïssent aujourd'hui pour des histoires arrivées alors qu'ils n'étaient même pas nés. 

Aujourd'hui, ces jeunes ne savent même pas pourquoi ils s'embrouillent. Mais les conséquences sont vraiment là, présentes et dramatiques

Ça se passe chez soi comme à l'intersection entre deux quartiers…"

La suite à écouter…