Trahisons à la DGSE : quand la Chine infiltre les services secrets tricolores

Trahisons à la DGSE : révélations sur le vrai bureau des légendes (publication le 9 février 2022)
Trahisons à la DGSE : révélations sur le vrai bureau des légendes (publication le 9 février 2022) ©Getty - Monalyn Gracia - Corbis - VCG
Trahisons à la DGSE : révélations sur le vrai bureau des légendes (publication le 9 février 2022) ©Getty - Monalyn Gracia - Corbis - VCG
Trahisons à la DGSE : révélations sur le vrai bureau des légendes (publication le 9 février 2022) ©Getty - Monalyn Gracia - Corbis - VCG
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En 2020, deux anciens espions de la DGSE sont condamnés pour avoir vendu des informations sensibles à la Chine. Les journalistes Antoine Izambard et Franck Renaud ont enquêté sur une affaire sans précédent dans le monde de l’espionnage français.

Henri, fils de militaire au caractère bien trempé, est doté d’un esprit acéré. Il intègre la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) en 1982 et y travaille en tant qu’analyste pendant un peu plus d’une décennie avant de s'implanter en Chine.

“En 1996, il est envoyé à Pékin pour être le chef de poste, c’est-à-dire l’équivalent d'un ambassadeur de la DGSE”, explique Antoine Izambard.

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Alors que la Chine devient un acteur économique incontournable, Henri se retrouve au cœur du réacteur et se heurte parfois à sa hiérarchie. Il est mis au placard deux ans après sa prise de poste à Pékin, en raison d’une liaison avec une interprète chinoise. “À ce moment-là, il y a une urgence de la DGSE à couper court à tous les liens entre elle et l’agent, poursuit le journaliste*, afin de préserver ce tissu implanté depuis de longues années en Chine”*.

L'interview
8 min

Après avoir quitté la DGSE, Henri revoit son amie chinoise. C’est alors que son recrutement par les services de renseignement chinois commence. “Au bout de quelques années, il a besoin d’argent mais il n'a plus beaucoup d'informations de première main à donner au Guoanbu”, explique Antoine Izambard. L’ancien agent secret prend alors contact avec Pierre-Marie, une ancienne connaissance qui est toujours en poste à la DGSE, et qui nourrit un ressentiment envers son employeur depuis quelques années...

“Les deux hommes qui sont passés par le contre-espionnage, relate Antoine Izambard, ont véritablement donné aux Chinois une connaissance assez fine de ce qu'ils pouvaient connaître de la maison.”

Soupçonnés d’avoir perçu plusieurs centaines de milliers d’euros en échange d’informations sensibles sur les services secrets français, les deux ex-agents, âgés de 66 et 70 ans, ont été condamnés lourdement en juillet 2020. La DGSE, pourtant habituée à laver son linge sale en famille, a voulu faire un exemple.

Aller plus loin

LIRE  | Trahisons à la DGSE : révélations sur le vrai bureau des légendes, une enquête d'Antoine Izambard et Franck Renaud, éditions Stock.

L'invité

  • Antoine Izambard, journaliste

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