Sébastien Roux a enquêté sur l'adoption internationale, en chute libre depuis les années 2000 ©Maxppp - PHOTOPQR/LE MIDI LIBRE/FRANCOISE TALLIEU
Sébastien Roux a enquêté sur l'adoption internationale, en chute libre depuis les années 2000 ©Maxppp - PHOTOPQR/LE MIDI LIBRE/FRANCOISE TALLIEU
Sébastien Roux a enquêté sur l'adoption internationale, en chute libre depuis les années 2000 ©Maxppp - PHOTOPQR/LE MIDI LIBRE/FRANCOISE TALLIEU
Publicité
Résumé

Depuis les années 2000, l’adoption internationale en France est en chute libre : une baisse de 95% du nombre d’adoption. Le sociologue Sébastien Roux, chargé de recherche au CNRS, a enquêté sur ce phénomène dans son livre « Sang d’encre » et explique les rouages de cette fabrique familiale.

En savoir plus

En France, l’adoption d’enfants nés à l’étranger augmentait depuis les années 70 avant d’arriver à son pic au milieu des années 2000. Mais depuis cette date, les adoptions internationales sont en chute libre.

L’adoption internationale consiste à aller chercher un enfant dans un autre pays, un concept qui suscite de plus en plus de doute et de suspicion. Et pour cause, l’adoption internationale mise en scène par plusieurs célébrités occidentales – telles que Madonna ou Johnny Hallyday- ont suscité un certain nombre de critiques. Par ailleurs, des scandales ont profondément marqué les consciences. L’association l’Arche de Zoé, par exemple, prétendait évacuer des enfants victimes de la guerre au Darfour. Or, il s’est avéré que les enfants envoyés en France avaient été enlevés à leur famille et n’étaient pas des victimes de guerre, et les familles adoptives n’étaient pas au courant de la situation. De tels évènements ont participé au recul de l’adoption en France, explique Sébastien Roux, “car on craint de participer à un trafic”.

Publicité

Aujourd’hui, un consensus psychologique se dessine affirmant qu’il est favorable pour l’enfant de reconstituer et de maitriser son histoire, en prenant connaissance des conditions dans lesquelles il a été adopté. Le “roman de leur histoire”, comme l’appelle Sébastien Roux, peut être un frein positif si l’on part du principe que les enfants adoptés doivent pouvoir remonter l’histoire de leur adoption. La législation d’un pays à l’autre étant extrêmement variable, certains pays ont moins la capacité d’avoir une administration fiable ou sont susceptibles d’être soumis à des logiques de corruption. Ne pas avoir suffisamment d’informations sur les circonstances de l’adoption peut produire de la souffrance pour ces enfants devenus adultes.

Ce besoin de reconstitution de l’histoire irrigue une sorte de tourisme des racines. Des associations proposent des voyages dans des pays pour se familiariser avec la culture d’origine de l’individu. Certaines associations proposent même de retrouver et de rencontrer la famille biologique, lorsque cela est possible.

Aller plus loin :

  • Livre | Sang d'encre, un livre de Sébastien Roux, paru le 6 janvier 2022, aux éditions Vendemiaire.
Références

L'équipe

Jacques Monin
Jacques Monin
Jacques Monin
Production
Mélissa Foust
Collaboration
Jacques Monin
Jacques Monin
Jacques Monin
Collaboration