Les services de renseignement font de l'inclusion des femmes et des LGBTQI+ un argument de communication.
Les services de renseignement font de l'inclusion des femmes et des LGBTQI+ un argument de communication.
Les services de renseignement font de l'inclusion des femmes et des LGBTQI+ un argument de communication. ©Getty - Mike Kemp/In PIctures
Les services de renseignement font de l'inclusion des femmes et des LGBTQI+ un argument de communication. ©Getty - Mike Kemp/In PIctures
Les services de renseignement font de l'inclusion des femmes et des LGBTQI+ un argument de communication. ©Getty - Mike Kemp/In PIctures
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Résumé

Les services de renseignement de plusieurs pays entament leur révolution inclusive. CIA, MI6, ou DGSE accélèrent le recrutement des femmes et des personnes LGBTQI+, jusqu'ici peu ou pas représentées. Pierre Gastineau, rédacteur en chef d'Intelligence Online, explore les raisons de cette transformation.

avec :

Pierre Gastineau (Journaliste, rédacteur en chef d’ « Intelligence Online »).

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C'est une véritable "course à l'inclusion" qui se joue au sein des services de renseignement occidentaux. Pierre Gastineau, rédacteur en chef d'Intelligence Online, a enquêté sur la révolution du recrutement des femmes et des minorités LGBTQI au sein de ces institutions à l'origine très conservatrices.

Les LGBT vu·e·s comme une "vulnérabilité"

"Dans beaucoup de pays, les services de renseignement sont d'origine militaire, donc principalement réservés aux hommes, explique Pierre Gastineau. Pour les LGBTQ, c'est encore une autre question. Cela a très longtemps été perçu comme une menace de sécurité pour un service de renseignement d'avoir un·e responsable homosexuel·le. Dans un contexte de guerre froide, c'était vu comme une faille potentielle qui aurait pu être exploitée par un ennemi, avec du chantage par exemple. Pour pouvoir rentrer à la CIA, il fallait tout connaitre sur votre sexualité, avec ce risque énorme qu'un agent russe ou cubain découvre que vous si vous aviez des liaisons homosexuelles, cela devienne une vulnérabilité."

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Les choses ont cependant bien changé. La CIA aujourd'hui ne fait pas que recruter des agents LGBTQI. Elle promeut aussi la communauté LGBT, et en fait un argument de communication. "Une unité dédiée, Angle, vise à promouvoir en interne les agents LGBT, relate le journaliste. D'un phénomène caché, voire totalement mis de côté, aujourd'hui, il s'agit au contraire de le promouvoir, dans un esprit de culpabilité par rapport aux phénomènes passés, afin aussi d'élargir son vivier de recrutement, et pour que cette soi-disant 'faille' ne soit plus jamais utilisée contre un agent des services. A partir du moment où c'est assumé, vous cassez ainsi votre vulnérabilité." Lors de la Journée internationale de la visibilité trans, le 31 mars 2021, le renseignement intérieur américain a également mis à l'honneur la communauté trans.

Des femmes à la tête du renseignement

Jusqu'en janvier 2021, la CIA était dirigée par Gina Haspel, première femme à ce poste, nommée par Donald Trump. Depuis l'arrivée de Joe Biden, la direction du renseignement national des Etats-Unis est dirigé par Avril Haines. "Donald Trump a aussi nommé avant elle le premier directeur ouvertement gay à ce poste, Richard Grenell, une vraie révolution contre-intuitive." Au Royaume-Uni, la première directrice du renseignement intérieur (MI5), Stella Rimington, a été nommée en 1992. 

La France suit le mouvement. "Plusieurs services comme Tracfin, le service de renseignement territorial, et plusieurs autres services similaires commencent à être dirigés par des femmes", détaille Pierre Gastineau. Côté LGBTQI, les services s'ouvrent également. Mais contrairement aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni, on le fait de manière extrêmement discrète : "ll y a une différence de culture entre le monde anglo-saxon et le monde latin continental. En France, n'est pas du tout un argument de recrutement. Il y a toute une culture militaire historique beaucoup plus lourde à modifier, que ce soit d'ailleurs pour l'inclusion des LGBT ou des femmes."

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L'équipe

Jacques Monin
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