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Dominique Simonnot, contrôleure générale des lieux de privations de liberté ©AFP - BERTRAND GUAY
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Résumé

Le CGLPL publie des recommandations en urgence relatives au centre de détention de Bédenac (Charente-Maritime) : Dominique Simonnot, Contrôleure générale des lieux de privation de liberté, est notre invitée de 6h20.

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Dominique Simonnot (Contrôleuse générale des lieux de privation de liberté).

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C’est un lieu méconnu sur lequel s’est penchée la contrôleuse générale des lieux de privation de liberté : un bâtiment spécial dans la prison de Bédenac, en Charente-Maritime. Cette unité accueille 20 détenus âgés ou handicapés, et le constat est accablant sur les conditions de vie de ces personnes.

"L'équipe des contrôleurs est tombée sur cette unité, sur des gens dans un état d'impotence totale, dans des lits médicalisés ou des chaises roulantes, qui ne peuvent s'y hisser qu'au prix d'efforts monstrueux, des gens atteints de démence ou incontinents qui attendent l'aide médicale et vivent le reste du temps dans leur pisse et leur merde, dans leur lit souillé". 

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Cela faisait quatre ans que les autorités médicales alertaient sur cette situation, et le médecin de l'unité venait de démissionner, précise la contrôleure.  

"On laisse les gens vivre comme des bêtes"

"C'est un problème d'abandon, pas de vétusté" précise  Dominique Simonnot qui estime que cette situation est aussi représentative de notre société, dans laquelle "on abandonne les plus fragiles" : "La situation est pire que dans des Ehpad". Elle pointe ici un manque d'effectif : une seule infirmière pour tout le centre pénitentiaire, de 494 personnes. "Une situation atterrante et ça, c'est notre pays : on laisse vivre les gens comme des bêtes". 

"Soit on décide qu'on vit dans un pays normal et qu'on suspend la peine de gens trop malades, trop vieux, trop impotents, soit on construit ces hôpitaux prisons, mais ce qu'on vient de voir ne donne pas très envie".

"Ce sont des gens qui purgent de longues peines, mais qui sont à deux ans de la sortie. Certes, il doit y avoir des difficultés terribles pour les faire admettre dans des structures adaptées, mais on devrait les faire sortir. Quel est le sens de cette punition ? de garder des gens en détention dans cette situation, des personnes qui ne sont pas en état de se lever, de marcher, de se laver?"

Le ministère de l'Intérieur a répondu, la veille, par une missive de neuf pages : "C'est un début, ils nous disent qu'ils vont mettre en place un système qui leur permettra aux gens d'avoir droit à des soins quotidiens adaptés. On ira vérifier."