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Colombie, L’ONU réclame une enquête sur les violences meurtrières à Cali ©AFP - Vannessa Jimenez G / NurPhoto / NurPhoto via AFP
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Colombie, L’ONU réclame une enquête sur les violences meurtrières à Cali ©AFP - Vannessa Jimenez G / NurPhoto / NurPhoto via AFP
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Résumé

Face à la situation en Colombie, l’ONU réclame une enquête sur les violences meurtrières à Cali. Gaspard Estrada, directeur exécutif de l'OPALC (Observatoire Politique de l'Amérique Latine et des Caraïbes) de Sciences Po, est notre invité de 6h20.

avec :

Gaspard Estrada (directeur exécutif de l'OPALC, l’Observatoire politique de l'Amérique latine et des Caraïbes - Sciences Po.).

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Le président colombien en a appelé à l'armée, pour tenter d'éteindre la contestation qui marque le pays depuis un mois. Des soldats se sont déployés à Cali, troisième ville de Colombie, où les manifestations ont commencé, et où les affrontements ont fait 15 morts ce week-end, et 60 au total. 

"Un cap a été franchi, et malheureusement on voit mal comment les choses vont s'apaiser compte tenu de la dynamique déclenchée par l'action du gouvernement__, qui prône non pas l'apaisement mais la répression, et qui reste sourd aux demandes de la société civile colombienne mais aussi des organisations internationales", estime Gaspard Estrada, directeur exécutif de l'OPALC (Observatoire Politique de l'Amérique Latine et des Caraïbes) de Sciences Po. Pour autant, "_il existe un forum de négociations entre le comité des grévistes et le gouvernement, mais dans les faits, les priorités gouvernementales vont plutôt à l'envoi de l'armée plutôt qu'à entamer une démarche de dialogue sérieus_e". 

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3 min

L'étincelle qui a lancé cette contestation, c'est une réforme fiscale "qui touchait non seulement les ménages les plus aisés mais aussi les classes moyennes, et les classes moyennes basses. Elle a fait face à une énorme vague de contestation compte tenu de la situation en Colombie__, qui est un pays déjà très inégal, et qui a été très touché par la pandémie", analyse le chercheur. Plusieurs membres du gouvernement ont remis leur démission et la réforme a été retirée, mais le mouvement continue : "La réforme a révélé une très profonde insatisfaction au sein de la société colombienne, et notamment de la jeunesse, qui s'était déjà mobilisée en 2018-2019. Aujourd'hui, cette insatisfaction est partagée par des pans plus larges de la société colombienne". 

"Ce ne sont pas les organisations politiques qui portent ces manifestations, mais bien la société civile : on voit bien qu'il y a un problème en Colombie quant à la canalisation des insatisfactions sociales", ajoute Gaspard Estrada. Alors que la Colombie doit changer de président, et que le principal opposant à Ivan Duque, Gustavo Petro, est en tête dans tous les sondages, "ce ne sont pas les acteurs politiques qui sont en tête des mobilisations, car il y a une vraie insatisfaction vis-à-vis des institutions".

Références

L'équipe

Mathilde Munos
Production