Le professeur Yves Lévy dans le studio du 5/7 de France Inter, le 1er décembre 2022
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Le professeur Yves Lévy dans le studio du 5/7 de France Inter, le 1er décembre 2022 ©Radio France
Le professeur Yves Lévy dans le studio du 5/7 de France Inter, le 1er décembre 2022 ©Radio France
Le professeur Yves Lévy dans le studio du 5/7 de France Inter, le 1er décembre 2022 ©Radio France
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Journée mondiale de lutte contre le Sida : Pr Yves Lévy médecin immunologiste, directeur de l'institut de recherche vaccinal (VRI) et cofondateur de la biotech LinKinVax est l'invité de 6h20.

Avec
  • Yves Levy Médecin immunologiste

Cela fait dix ans que le Pr Yves Lévy travaille à la mise au point d'un vaccin contre le Sida. "Il y a un an, nous lancions un essai, une première en France : c'est un essai nouveau, d'une nouvelle mécanique pour un nouveau vaccin. Nous avons recruté 72 volontaires en bonne santé, l'essai s'est très bien déroulé."

"Le premier résultat très important, c'est que ce vaccin est bien toléré", explique le professeur. "Après plus d'un an de suivi, nous avons prouvé qu'il présentait une innocuité parfaite, ce qui nous permet de passer aux stades suivants. Nous allons devoir démontrer que les réponses biologiques que nous avons obtenues seraient capables de protéger, dans la vie réelle, contre l'infection par le VIH."

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"Dix ans d'investissements de la recherche publique"

"Depuis 40 ans, on a malheureusement eu des échecs successifs", rappelle Yves Lévy. "Ce que nous avons fait il y a dix ans, essayer de penser autrement, c'est un risque, mais il fallait se lancer dans une nouvelle  technologie pour espérer obtenir des réponses différentes. On peut aussi remercier dix ans d'investissements de la recherche publique sur cette technologie. Maintenant, nous passons à la phase industrielle pour essayer de passer dans les phases 3, en vie réelle."

Quelle est la technologie utilisée pour ce potentiel futur vaccin ? "Quand vous recevez un vaccin, il y a une 'boîte noire' dans votre organisme qui va, on l'espère, aboutir à des réponses protectrices contre le microbe si vous le rencontrez. Ce que nous avons fait, c'est de cibler directement les cellules les plus importantes de notre système immunitaire, celles qui sont en première ligne, les cellules dendritiques. Elles sont fondamentales pour notre défense, car ce sont les premières à capter : notre vaccin va directement s'adresser à elle, il les éduque pour qu'elles stimulent des réponses immunitaires. C'est tout à fait différent de l'injection à l'aveugle d'un vaccin en intra-musculaire et d'espérer que tout se passe bien. Le VIH est tellement compliqué qu'il fallait réfléchir autrement."

"Le but, c'est de nous protéger", ajoute-t-il. "Aujourd'hui, il y a 39 millions de personnes qui vivent avec le VIH, encore 1,5 million qui se sont infectés l'année dernière. Le but, c'est d'aboutir à un vaccin, et donc de collaborer avec nos partenaires internationaux."