Le drapeau Kanak, emblème des indépendantistes de Nouvelle-Calédonie
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Le drapeau Kanak, emblème des indépendantistes de Nouvelle-Calédonie ©AFP - Delphine Mayeur / Hans Lucas
Le drapeau Kanak, emblème des indépendantistes de Nouvelle-Calédonie ©AFP - Delphine Mayeur / Hans Lucas
Le drapeau Kanak, emblème des indépendantistes de Nouvelle-Calédonie ©AFP - Delphine Mayeur / Hans Lucas
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La Nouvelle-Calédonie doit se prononcer dimanche par référendum sur son indépendance. Mais les indépendantistes boudent le scrutin, estimant que la campagne a été empêchée par l'épidémie.

Un ultime recours a été déposé en urgence par les indépendantistes contre le référendum prévu dimanche en Nouvelle-Calédonie. "La campagne a été empêchée par l'épidémie, qui a attrapé le territoire dès le 6 septembre, alors que c'était un territoire Covid-free, et les chiffres sont montés très rapidement entre septembre et novembre", explique Isabelle Merle, directrice de recherche au CNRS, historienne de la colonisation et spécialiste de l'histoire du Pacifique.

"Pour le monde politique, il était impossible d'aller dans des tribus endeuillées pour faire des meetings"

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"Les loyalistes, eux, sont entrés en campagne et font campagne sur le terrain, par voie de presse et à la télévision. Les indépendantistes ont demandé un report, qui aurait pu être prévu pour l'automne 2022. Comme il y a arc-boutage du gouvernement et du camp loyaliste sur la date du 12 décembre, ils ont décidé de ne pas faire campagne", ajoute Isabelle Merle. 

Cela signifie-t-il que l'issue du scrutin est plié ? "Bien sûr, mais le scrutin, s'il est valide juridiquement, est totalement illégitime politiquement", explique la chercheuse, qui précise que ce référendum est le troisième sur les trois prévus par les accords de Nouméa. "Le non l'avait emporté les deux premières fois, mais l'écart s'était resserré en 2020", et selon Isabelle Merle, "il y a vraiment une aspiration à une indépendance en partenariat, dans le monde indépendantiste kanak mais qui commençait à s'élargir un peu". 

Actuellement, le territoire a bénéficié de transferts de compétences "tout à fait original" : il ne reste plus que les compétences régaliennes (justice, monnaie, affaires extérieures) qui dépendent de l'État français. Le dossier est revenu au premier plan du débat national, notamment avec l'affaire des sous-marins avec l'Australie et les tensions avec la Chine : "On a l'impression que tout d'un coup la Chine est là, prête à sauter sur la Nouvelle-Calédonie, alors qu'on n'en parlait pas en 2018 et 2020", dit Isabelle Merle. "Ce pays est la proie de présences internationales menaçantes", selon elle. "Mais s'il y a des stratégies chinoises, la France a tous les moyens de construire un pacte gagnant-gagnant".