Photo prise lors d'une journée portes ouvertes au lycée Arthur Varoquaux, à Tomblaine, en Meurthe-et-Moselle, en mars 2019.
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Photo prise lors d'une journée portes ouvertes au lycée Arthur Varoquaux, à Tomblaine, en Meurthe-et-Moselle, en mars 2019. ©Maxppp - Alexandre MARCHI
Photo prise lors d'une journée portes ouvertes au lycée Arthur Varoquaux, à Tomblaine, en Meurthe-et-Moselle, en mars 2019. ©Maxppp - Alexandre MARCHI
Photo prise lors d'une journée portes ouvertes au lycée Arthur Varoquaux, à Tomblaine, en Meurthe-et-Moselle, en mars 2019. ©Maxppp - Alexandre MARCHI
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Des chercheurs appellent à sauver les SVT au lycée : Marc-André Selosse, professeur du Muséum national d'Histoire naturelle de Paris et président de la fédération BioGée, qui milite pour une place plus importante des sciences de la vie et de la terre au lycée, est l'invité de 6h20.

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Il n'y a pas que les maths qui ont souffert de la réforme du lycée. Les Sciences de la Vie et de la Terre (SVT) également. Cette matière est totalement délaissée par les élèves et plusieurs chercheurs ont exprimé leur inquiétude ce week-end dans une tribune publiée dans le JDD. Marc-André Selosse, biologiste et professeur du Muséum national d'Histoire naturelle en fait partie. 

Une priorité : "l'interdisciplinarité"

Le ministre de l'Education nationale, Jean-Michel Blanquer, lance une concertation sur l'enseignement des maths au lycée. "Nous rejoignons nos collègues mathématiciens dans un constat que les sciences ont essuyé un revers dans la réforme du lycée, moins 18% d'heures enseignées, à une heure où elle donne des clés pour des questions modernes importantes", explique Marc-André Selosse. 

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Selon lui, il faut penser "interdisciplinarité", c'est-à-dire "penser aux sciences et plus globalement à leur articulation avec les autres disciplines". "Nous pensons que c'est un angle extrêmement étroit de ne s'occuper que des mathématiques". 

Citant les différentes crises actuelles, le professeur insiste : "Nous avons besoin de sciences en général" et c'est cette "interdisciplinarité qui nous intéresse et que nous voulons porter sur la place publique". Les SVT seront finalement représentées dans la concertation avec le ministre

"On a perdu 50% de nos élèves" 

Le président de la fédération BioGée fait ce constat. "Si on regarde les chiffres, les mathématiques et les sciences physiques chimie ont perdu à peu près 35% de leurs élèves. Si on regarde le nombre d'élèves touchés par l'enseignement en Terminale, nous c'est 50%. Il y a là un vrai problème par rapport au choix des options." Mais le professeur va encore plus loin, "il n'y a plus de SVT dans le tronc commun à partir de la Seconde."

"On a ce mauvais réflexe de sélectionner sur les maths et sur la physique chimie"

Mais pourquoi la réforme du lycée a eu un tel impact ? Selon Marc-André Selosse, "vous devez choisir trois options en première puis deux en terminale. Si vous voulez être biologiste, vous n'êtes pas biologiste sans mathématiques et physique chimie. Donc il faudrait pouvoir prendre les trois options".  "En plus, on a ce mauvais réflexe de sélectionner sur les maths et sur la physique chimie", ce qui explique selon le professeur que les élèves font de ces deux matières des priorités. "On veut trois options, c'est plus cohérent par rapport à l'état de maturité de nos jeunes en Terminale."

Pour terminer, il ajoute que "quand on remonte dans le cursus, on est sur une heure et demie de SVT par semaine au collège, contre deux heures de chimie" et qu'en primaire, "il n'y a pas d'ambition".

Le biologiste insiste sur le fait que "le domaine des sciences du vivant et de l'environnement, c'est  650 000 emplois en France par an, qui vont de l'agriculture à la santé en passant par l'agroalimentaire."