Depuis plusieurs jours, la Guadeloupe est marquée par des manifestations, des blocages et des violences
Depuis plusieurs jours, la Guadeloupe est marquée par des manifestations, des blocages et des violences ©AFP - Carla BERNHARDT
Depuis plusieurs jours, la Guadeloupe est marquée par des manifestations, des blocages et des violences ©AFP - Carla BERNHARDT
Depuis plusieurs jours, la Guadeloupe est marquée par des manifestations, des blocages et des violences ©AFP - Carla BERNHARDT
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Les blocages et les violences continuent en Guadeloupe, Patrick Vial-Collet président de la chambre de Commerce et d'Industrie de Guadeloupe est l'invité de 6h20

Avec
  • Patrick Vial-Collet président de la CCI de Guadeloupe

Depuis une semaine, la Guadeloupe est marquée par une grève générale, qui a conduit les autorités à décréter un couvre-feu en raison des débordements et des violences. Des renforts vont être envoyés de métropole, et une réunion est prévue ce lundi soir entre le Premier ministre et des élus locaux. "C'est durant la nuit que nous avons des jeunes casseurs, une vraie guérilla, qui pillent des entreprises et profitent de la nuit pour s'attaquer aux biens matériels des entrepreneurs", déplore Patrick Vial-Collet, président de la Chambre de commerce et d'industrie de Guadeloupe. 

Le Raid et le GIGN sont sur place : "On a une situation assez insurrectionnelle au moment où je vous parle", explique Patrick Vial-Collet, qui affirme que "ce n'est pas un mouvement social et de grève, il n'y a quasiment aucun gréviste : au départ il y avait un mouvement, qui s'est affaibli. Nous n'avons pas de grévistes dans les entreprises privées, et le syndicat UGTG a lancé un appel à piller les entreprises", selon lui - l'UGTG est le principal syndicat de Guadeloupe. 

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"L'UGTG, à travers les réseaux sociaux, applaudit les pillages, et a même annoncé publiquement qu'elle allait prendre en compte les frais d'avocat pour défendre les jeunes en garde à vue". 

Depuis plusieurs jours, des élus affirment qu'ils comprennent toutefois la colère qui fait rage en Guadeloupe. "Quand vous allumez une mèche, il faut un retour à l'ordre. Je ne vois pas une colère qui s'est exprimée à cet instant", assure-t-il. "J'entends des jeunes qui ne sont pas obligés de se faire vacciner qui nous disent qu'ils sont contre le vaccin. On voit bien que tout cela est instrumentalisé", dit-il, affirmant ne pas croire que ce mouvement soit un prolongement de la grande contestation sociale de 2009.

"Plus de 80 commerces ont été pillés, la première nuit a été extrêmement difficile, des personnes auraient pu mourir dans les incendies", selon Patrick Vial-Collet. "Les bijouteries sont les premiers pris pour cible, avec les bijouteries, les magasins de sport, de bricolage : tout ce qui permet aux émeutiers de prendre du matériel et de le revendre", ajoute-t-il, précisant que les commerçants iront travailler lundi mais que les clients, eux, ne seront pas au rendez-vous. 

Ce lundi soir, une réunion est prévue entre le Premier ministre et les élus de Guadeloupe. Mais "comment négocier avec des personnes qui ont pris d'assaut les rues, qui bloquent l'économie et la circulation, mais qui n'ont en réalité aucune revendication"

"Négocier avec la rue me semble quasiment impossible". 

"En revanche, il y a une négociation possible avec le personnel soignant, avec les pompiers", sur la question de l'obligation vaccinale, "mais ce ne sont pas eux qui pillent les commerces".