Sébastien Nadot, député "Libertés et Territoires" de Haute-Garonne et président de la commission d'enquête parlementaire sur les migrations.
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Sébastien Nadot, député "Libertés et Territoires" de Haute-Garonne et président de la commission d'enquête parlementaire sur les migrations. ©Radio France - France Inter
Sébastien Nadot, député "Libertés et Territoires" de Haute-Garonne et président de la commission d'enquête parlementaire sur les migrations. ©Radio France - France Inter
Sébastien Nadot, député "Libertés et Territoires" de Haute-Garonne et président de la commission d'enquête parlementaire sur les migrations. ©Radio France - France Inter
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Sébastien Nadot, député "Libertés et Territoires" de Haute-Garonne et président de la commission d'enquête parlementaire sur les migrations est l'invité du 6h20. Il dénonce notamment une "maltraitance d'État" sur cette question.

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  • Sébastien Nadot Député Libertés et Territoires

Alors qu'un camp de migrants est sur le point d'être évacué à Grande-Synthe, dans le Nord, la commission d'enquête parlementaire sur les migrations publie un rapport, après six mois de travail. "On a des gens qui sont dans une très grande souffrance, à une étape de leur parcours migratoire et on s'acharne sur eux en ayant perdu le sens des responsabilités politiques qui font que dans ce pays, normalement, on s'inquiète sur la personne humaine", juge son président Sébastien Nadot, invité de France Inter mardi matin. 

"Une mise à l'abri, c'est un terme qu'on pourrait définir comme juridique mais qui n'a de sens que quand on en parle. La réalité est toute autre : on enlève des gens d'un endroit, en général déjà très précaire, pour les envoyer ailleurs, mais c'est nullement les mettre à l'abri. Ce n'est pas leur proposer un logement, une solution, de bénéficier du droit français", poursuit le député "Libertés et Territoires" de Haute-Garonne. 

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Des représentants politiques "qui ne cherchent pas à savoir la réalité"

Il dénonce, au-delà, une maltraitance d'État. "En réalité, nous avons des expulsions, tous les jours, partout sur le territoire. C'est un phénomène beaucoup plus large : les gens, parce qu'ils sont étrangers, n'ont pas accès à la santé de manière normale, y compris contre le droit français. Les enfants peuvent être enfermés dans des prisons administratives, simplement parce que sont des enfants migrants", et ce, rappelle le député, contre la convention internationale des droits de l'enfant. Or, "cela arrive tous les jours" dans les grandes métropoles. 

Le député regrette que le débat politique autour de ces questions ne soit pas serein. "Il y a toute une frange de l'extrême-droite qui est sur un débat complètement irrationnel. Mais ça va plus loin, quand on voit le débat des Républicains qui passe une heure là-dessus, pourquoi pas. Sauf que sur les trente députés de la commission que je présidais comptait quatre députés LR qui ne sont jamais venus à aucune audition ou déplacement sur le terrain et donc qui ne cherchent pas à savoir la réalité." 

Selon Sébastien Nadot, la question migratoire ne doit pas être gérée par le ministère de l'Intérieur mais devrait revenir dans le giron des Affaires étrangères. "C'était le cas avant 2007 et l'arrivée de Nicolas Sarkozy au pouvoir. Comment imaginer une politique relative aux étrangers, sans que ça ne passe par les Affaires étrangères ? Vu de loin, ça n'a l'air de rien, mais ce ne sont pas les gens compétents qui délivrent les visas."