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André Gattolin ©Radio France - Radio France
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Résumé

L'influence chinoise "prépondérante" dans l'université française, André Gattolin sénateur des Hauts-de-Seine, rapporteur de la mission d'information "Influences étatiques extra-européennes dans le monde universitaire et académique français et leurs incidences" est l'invité du 6h20

avec :

André Gattolin (Sénateur LREM des Hauts-de-Seine).

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La difficulté pour faire face à ce phénomène réside dans le fait que l'ingérence est protéiforme, explique André Gattolin, rapporteur de la mission d'information sur l'ingérence étatique dans le monde universitaire. Selon lui, elle prend des formes qui vont de "la simple relation amicale, un peu poussée associée à des pressions, à des incitations, une bourse, une possibilité offerte d'aller enseigner dans une grande université étrangère, jusqu'à l'infiltration à travers parfois des étudiants, à travers des stages où le pays leur dit ça serait bien que tu obtiennes un stage chez telle société parce qu'il y a des choses intéressantes."

Dans les cas les plus extrêmes, il peut s'agir de "vol" et de "captation de données", des données protégées, parfois très sensibles. "Dans les domaines les plus sensibles, militaire, terrorisme, là, les services veille de très, très près", précise André Gattolin.

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Pression et autocensure

Pour ce qui est de l'influence d'états sur le monde universitaire et académique, le sénateur des Hauts-de-Seine identifie deux formes d'influence. D'abord la captation de données protégées, mais aussi celle "qui vise à peser sur le discours médiatique, sur la narration. On pense bien évidemment à la Chine, où des pressions sont exercées sur des universités ou des chercheurs pour ne pas parler des Ouïghours, ne pas parler de Taïwan ou autre. Ça s'exerce aussi sur les hommes politiques puisque j'ai quelques collègues en ce moment qui sont partis à Taïwan et ça provoque beaucoup de réactions et même de menaces." 

Tout cela peut conduire à des pratiques graves de la part de pays comme la Chine, la Turquie ou encore la Russie, selon André Gattolin, qui nuisent "à quelque chose de fondamental dans nos universités qui sont les libertés académiques, quand le prof s'autocensure notamment. L'autocensure est devenue sur certains sujets le mode dominant parce que vous n'avez pas de visa, vous n'avez pas accès aux sources. Vous êtes même un peu contesté dans vos travaux, soit par les étudiants, soit par l'ambassade et le développement, notamment pendant le confinement des cours en ligne sur des systèmes mal protégés, fait qu'on sait exactement de l'extérieur ce qui est dit. Et parfois, ça provoque des retours inquiétants."  

Références