Jean-Pierre Couteron, psychologue clinicien et président de la fédération "Addiction". ©Radio France - Capture d'écran France Inter / DR
Jean-Pierre Couteron, psychologue clinicien et président de la fédération "Addiction". ©Radio France - Capture d'écran France Inter / DR
Jean-Pierre Couteron, psychologue clinicien et président de la fédération "Addiction". ©Radio France - Capture d'écran France Inter / DR
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Résumé

La Macif publie un baromètre IPSOS sur les addictions et leurs conséquences chez les jeunes de 16 à 30 ans : Jean-Pierre Couteron psychologue clinicien, addictologue et porte-parole de la Fédération Addiction est l'invité de 6h20. Il analyse ces résultats.

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Ce baromètre a été réalisé auprès de 3.000 jeunes de 16 à 30 ans. L'alcool demeure la première substance consommé, 1 jeune sur 2 en boit régulièrement, la cigarette arrive en seconde position, puis le cannabis. Les chiffres ont peu changé en un an. "C'est dans cette période de la vie, l'adolescence, qu'on rencontre les addictions, quelque soit les évènements externes", explique Jean-Pierre Couteron, psychologue clinicien et addictologue.

Toutefois, il y a aujourd'hui moins d'appréhension des risques, de la part des jeunes, une tendance à les minimiser. "La principale stratégie c'est qu'on trouve toujours que c'est le risque que va prendre l'autre qui est vraiment dangereux. Il faut contrebalancer cette stratégie en tant que parents, pour aider à rééquilibrer les risques", explique Jean-Pierre Couteron. "La deuxième chose, c'est la perte de contrôle. Entre 15 et 25 ans, le système neurologique n'est pas encore construit, ce qui fait la plupart des disputes entre parents et ados. Et si vous êtes utilisateurs de produits de plaisir, vous savez que ce que vous cherchez c'est la perte de contrôle. Ca peut se faire dans des circonstances sécurisées [mais aussi] avec des produits dangereux."

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Quelles conséquences du Covid ? "Quand on a été enfermé pendant deux ans [à cause du Covid] on a effectivement un peu plus envie quand on se lâche d'aller vers des pertes de contrôle un peu plus extrêmes".

Perte de contrôle liée aux écrans

Le baromètre a également étudié l'addiction aux écrans. Mais il ne faut pas utiliser le concept d' "addiction", selon Jean-Pierre Couteron, car il y a des écrans partout. "Il faut s'intéresser à la perte de contrôle liée aux écrans".

Ces addictions sont-elles valables dans tous les milieux ? "Sur les surutilisations d'écran, c'est plutôt dans des milieux favorisés", selon Jean-Pierre Couteron. Si l'alcool se diffuse un peu partout, "on a vu des études sortir récemment sur la diffusion de la cocaïne chez les jeunes dans un milieu festif où elle n'allait pas avant de façon aussi facile. Donc aucun milieu n'est préservé, mais chaque milieu a des spécificités."

Comment prévenir ces addictions ? "En France, il n'y a pas de vrai politique de prévention. C'est la seule action de santé publique qui n'a pas de budget pérenne", conclut Jean-Pierre Couteron. Selon lui, c'est parce qu'"on n'a pas une vrai culture de la prévention, on n'y croit pas, on pense que ça ne sert à rien".

Références