Dans une dizaine de mois, la sonde DART devrait percuter un astéroïde pour dévier sa trajectoire ©AFP - Handout / NASA
Dans une dizaine de mois, la sonde DART devrait percuter un astéroïde pour dévier sa trajectoire ©AFP - Handout / NASA
Dans une dizaine de mois, la sonde DART devrait percuter un astéroïde pour dévier sa trajectoire ©AFP - Handout / NASA
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Résumé

Lancement de la mission Dart qui va s'écraser sur un astéroïde pour le dévier : Patrick Michel astronome à l’observatoire de la Côte d’Azur, spécialiste mondial des astéroïdes est l'invité de 6h20

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Patrick Michel (Astrophysicien, Ingénieur en aéronautique, Directeur de Recherches au CNRS, Responsable de l’équipe TOP (Théories & Observations en Planétologie) de l'UMR 7293 Lagrange/CNRS à l'Observatoire de la Côte d'Azur).

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C'est une mission d'un genre nouveau qui est lancée ce mardi : DART, c'est le nom d'une sonde qui va partir de la Terre pour tenter de percuter un astéroïde et dévier sa trajectoire. "Le ciel est très clair, il fait très froid, et on est tout excités de voir ce lancement", confie Patrick Michel, astronome à l'observatoire de la Côte d'Azur, qui travaille sur ce projet depuis vingt ans. "Cela fait vingt ans que le concept a été initié en Europe, à l'Agence spatiale européenne. Il commence par un lancement à la NASA mais il sera suivi par un lancement par l'Agence spatiale européenne pour aller sur la "scène du crime" après l'impact et vérifier ce qu'il s'est passé". 

Le voyage va durer dix mois : "On n'est sûrs de rien, et c'est ça qui est génial pour les scientifiques", explique Patrick Michel. DART doit taper sur la petite lune d'un astéroïde de 160m de diamètre. La mission est périlleuse pour cette sonde : "On n'a même pas la forme de cet objet, donc DART va arriver à 6km/s et va devoir elle-même identifier l'objet pour se guider et bien taper dedans". 

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"Ces astéroïdes, depuis la Terre, on n'en sait pas grand chose, car ils sont très faiblement lumineux".

"La mission DART va probablement nous réserver des surprises mais aussi nous apprendre énormément de choses", selon Patrick Michel. Dans trois ans, une deuxième sonde partira donc pour vérifier le résultat de l'impact, pour "constater les dégâts". C'est la sonde européenne HERA qui sera chargée de ce constat : "On aura un test de déviation entièrement documenté, ce qui nous permettra de valider nos modèles numériques d'impact". 

Découvrir la composition des astéroïdes

La mission va aussi permettre d'en savoir plus sur les astéroïdes : "On n'a jamais vu un petit rocher de 160m de diamètre. On est un peu comme des explorateurs qui vont découvrir un nouveau continent, sauf qu'il est à 11 millions de kilomètres de la Terre", dit Patrick Michel, qui rappelle par ailleurs que "les astéroïdes sont les restes des briques qui ont formé nos planètes". 

Les astéroïdes sont-ils une vraie menace pour la Terre ? "Sur tous les objets qu'on connaît, il n'y a aucun qui nous menace pour le prochain siècle au moins. Il reste un tout petit risque pour ceux qu'on ne connait pas, mais les fréquences d'impact sont tellement faibles qu'en réalité, on se prépare pour les prochaines générations". 

Références