Didier Leschi doit rencontrer ce mercredi trois grévistes de la faim qui proteste contre le démantèlement hivernal de camps de migrants ©AFP - SYLVAIN LEFEVRE / Hans Lucas
Didier Leschi doit rencontrer ce mercredi trois grévistes de la faim qui proteste contre le démantèlement hivernal de camps de migrants ©AFP - SYLVAIN LEFEVRE / Hans Lucas
Didier Leschi doit rencontrer ce mercredi trois grévistes de la faim qui proteste contre le démantèlement hivernal de camps de migrants ©AFP - SYLVAIN LEFEVRE / Hans Lucas
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Résumé

Le directeur général de l'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration (OFII), Didier Leschi, se rendra ce mercredi pour une mission de médiation à Calais. Didier Leschi, directeur général de l'OFII, est l'invité de 6h20

avec :

Didier Leschi (Directeur général de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII)).

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"Ce que m'a demandé le ministère, c'est d'aller voir les personnes qui sont actuellement en grève de la faim", explique Didier Leschi. "Mais aussi les associations qui sont sur place, dont certaines les soutiennent. Il y a un dialogue à construire ensemble pour arriver à une meilleure prise en charge des personnes qui stationnent à Calais, tout en évitant la reconstitution d'une lande comme on a eu il y a maintenant six ans."

"Calais, c'est une situation complexe, peut-être qu'un regard extérieur permettra de mieux mesurer les enjeux, les écarts entre les différentes positions, et à partir de là construire une solution", espère-t-il.

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Les grévistes de la faim et les 150 associations qui les soutiennent réclament une trêve hivernale aussi pour les migrants sur place. "J'ai pas à soutenir ou non cette demande, j'ai à regarder la situation au plus près", explique le directeur général de l'OFII. "Je l'ai vécu pendant plusieurs mois : personne n'a intérêt à ce que reconstitue à Calais un campement indigne pour les personnes qui y sont, pour la ville de Calais, pour ses habitants, pour les associations. C'est ça l'enjeu et il faut faire attention, parce que vous avez depuis des années une situation à Calais qui est instrumentalisée par des passeurs, qui essaient de stabiliser les personnes dans la boue pour ensuite permettre des passages monnayés très chers, et plus dangereux pour la vie des personnes. Personne ne pourrait se satisfaire qu'il y ait à la fois une augmentation des traversées et des morts possibles."

"Ces personnes peuvent avoir un parcours d'intégration en France"

Que faire avec les migrants sur place, toujours nombreux (1.500 selon les associations, 550 selon les autorités), sans pour autant reconstituer une "jungle" ? "Il faut rappeler que tous les soirs, en particulier dans le dispositif national d'accueil que gère l'OFII, des centaines de personnes sont mises à l'abri. Environ 900 repas sont donnés tous les jours", détaille Didier Leschi. "La question posée, c'est : pourquoi une partie des personnes mises à l'abri refusent ces abris, ou n'y reste que très peu de temps. C'est souvent parce qu'elles considèrent que c'est trop loin de la côte. Or leur objectif, c'est de pouvoir passer. On est dans une situation complexe depuis des années à Calais."

Mais elle n'est pas inextricable, selon lui : "L'expérience du démantèlement de la lande nous a appris qu'il y a des personnes qui peuvent vivre en France, et je pense qu'elles peuvent avoir aussi un parcours d'intégration en France, et ne pas forcément se polariser sur l'Angleterre, où elles n'auront pas l'accueil qu'elles espèrent."